Pass sanitaire: contrôles à la chaîne dans de grands centres commerciaux de France

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Après les bars, restaurants, hôpitaux et trains, plus de 120 grands centres commerciaux et magasins de la région parisienne et de la moitié sud de la France contrôlent désormais systématiquement le pass sanitaire, une étape généralement bien accueillie malgré quelques tensions face aux vigiles.

Rendu possible par la loi depuis une semaine, le gouvernement a demandé aux préfets de l’imposer pour les surfaces de plus de 20.000 m2 dans les départements où le taux d’incidence dépasse les 200 pour 100.000 habitants sur une semaine.

Outre Paris et quatre départements de sa banlieue (Seine-Saint-Denis, Val d’Oise, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine), les départements concernés en métropole sont les Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Charente-Maritime, Corse-du-Sud, Gard, Haute-Garonne, Gironde, Hérault, Landes, Pyrénées-Orientales, Rhône, Haute-Savoie, Var et Vaucluse.

Comme les bars et restaurants, qui ont bénéficié d’une semaine de tolérance, les grandes surfaces concernées risquent à partir de lundi une fermeture administrative, voire un an d’emprisonnement et 9.000 euros d’amende pour leurs exploitants si elles ne procèdent pas aux contrôles.

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“Ca ne me dérange pas du tout, je suis pour le pass sanitaire (..) pour qu’on puisse retrouver petit à petit nos libertés”, assure à l’AFP Aline Loreille, restauratrice de 55 ans qui vient de rentrer avec le précieux sésame dans le centre Beaugrenelle du XVe arrondissement de Paris.

Au même moment dans le centre commercial de Gramont, à l’est de Toulouse, le directeur Éric Boucher accueille la clientèle. “C’est important de faire de la pédagogie, mais la plupart arrivent le pass sanitaire à la main, ils sont habitués maintenant que c’est demandé un peu partout”, dit-il à l’AFP.

Un client tente toutefois de passer sans masque ni pass avant de rebrousser chemin non sans avoir protesté.

Tout comme en Seine-Saint-Denis où les vigiles du centre commercial O’Parinor à Aulnay-sous-Bois, embauchés pour l’occasion, tentent de s’organiser devant la file d’attente, répétant à intervalles réguliers, “non validé, il faut aller vous faire tester”.

“La mise en place est compliquée, on n’a pas le temps de tout lire (sur le pass): la date, le nombre de doses…”, explique l’un d’eux.

– 100 tonnes d’oxygène –

“Je ne vais pas faire de tests à chaque fois que je vais au centre commercial. Tant pis pour eux, ils perdront des clients”, s’agace Rachida Mansouri, 49 ans, mère au foyer faisant demi-tour.

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D’autres, résignés, se dirigent vers le barnum pour effectuer un test. “D’habitude (les courses) ça prend 15 minutes, là ça va nous prendre toute la journée”, soupire Zahira Hadji, boulangère de 45 ans.

A l’intérieur du centre commercial, les allées sont quasi vides, loin de l’affluence habituelle.

A Bordeaux, dans le centre commercial de Mériadeck, Marie-France Bossuet, 67 ans, repart. Elle “ira faire (ses) courses dans un petit commerce qui ne contrôle pas les QR codes” en attendant sa deuxième dose de vaccin dans quelques jours. “Les gens sont un peu perdus, parce qu’il y a eu des discours à géométrie variable”, estime Christophe, 61 ans, vacciné.

Cette nouvelle étape intervient alors que l’épidémie de Covid-19 impacte toujours les hospitalisations en France, y compris les services de soins critiques.

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Selon les chiffres des autorités sanitaires publiés dimanche, le nombre de patients hospitalisés s’élève à 9.798 (9.648 samedi, 9.546 vendredi), dont 399 nouveaux admis. Du côté des contaminations, 21.172 cas ont été enregistrés dimanche (contre 24.427 samedi et 26.453 vendredi).

L’agence sanitaire soulignait vendredi la situation “très préoccupante” en Guadeloupe et en Martinique, où les contaminations explosent et les hôpitaux sont submergés.

En Martinique, vingt lits de réanimation supplémentaires ont été ouverts et un bâtiment de la marine nationale achemine depuis la Guyane plus de 100 tonnes d’oxygène “disponible à la fin de la semaine”, a annoncé la ministre des Armées Florence Parly sur France Info.

Parallèlement à ces annonces, les manifestations contre le pass sanitaire ont réuni samedi 214.845 personnes selon le ministère de l’Intérieur et 388.843 personnes au “minimum” selon le collectif militant Le Nombre Jaune.

kap-mer-cdc-meh-pbl-fz/ico/cal