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Pédophilie dans l’Église: retour sur 25 ans de scandales

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Pédophilie dans l’Église: retour sur 25 ans de scandales

De l’Amérique à l’Océanie, en passant par l’Europe, l’Église catholique fait face depuis une vingtaine d’années à de nombreux scandales concernant les abus commis par des membres du clergé.

L’Église catholique est ébranlée depuis 25 ans par plusieurs scandales de pédophilie, à l’image de celui qui a récemment éclaté en Pennsylvanie, où des centaines de prêtres ont fait subir des sévices sexuels à plus de 1000 enfants pendant des décennies.

  • 100.000 victimes aux États-Unis

Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie rendue publique en août 2018 a mis au jour des sévices sexuels, couverts par l’église catholique de cet État américain, perpétrés par plus de 300 “prêtres prédateurs” dont ont été victimes au moins mille enfants. Le pape François venait d’accepter en juillet la démission du célèbre cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, déjà interdit d’exercer son ministère après des accusations de pédophilie.

L’ex-archevêque de Boston, Bernard Law, devenu un symbole du silence de l’Église face aux prêtres pédophiles et qui est mort fin 2017, s’était réfugié au Vatican après avoir démissionné de l’archevêché de Boston fin 2002. Une vaste enquête du Boston Globe avait révélé que la hiérarchie avait systématiquement couvert des sévices sexuels commis par quelque 90 prêtres, des décennies durant.

L’Eglise américaine a reçu entre 1950 et 2013 des plaintes d’environ 17.000 victimes de tels sévices que leur ont fait subir quelque 6400 membres de son clergé entre 1950 à 1980. En 2012, des experts ont évoqué au Vatican le chiffre de 100.000 enfants victimes.

  • Au Chili, 38 enquêtes ouvertes

L’église catholique chilienne est aussi en pleine tourmente : 158 personnes – évêques, prêtres ou laïcs liés à l’église – sont ou ont été visées par une enquête pour sévices sexuels infligés à des mineurs et à des adultes depuis les années 1960. Pour l´heure, 38 enquêtes, visant 73 personnes, pour sévices sexuels présumés sur 104 victimes, dont la majorité étaient mineures au moment des faits, ont été ouvertes.

Au cours d’un voyage au Chili en janvier 2018, le pape François a défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les crimes d’un vieux prêtre pédophile, se déclarant persuadé de son innocence et demandant aux victimes présumées des preuves de sa culpabilité.

Puis, en mai, le pape a invité à Rome certaines des victimes et a convoqué l’ensemble des évêques chiliens. Ces derniers ont présenté leur démission en bloc après la rencontre. Celles de cinq d’entre eux, dont Mgr Barros, ont déjà été acceptées par le souverain pontife.

  • Démission d’un archevêque australien

Le numéro trois du Vatican, le cardinal George Pell, fait face en Australie à des poursuites pour d’anciennes agressions sexuelles contre des enfants. Il avait précédemment reconnu avoir “failli” dans sa gestion des prêtres pédophiles dans l’Etat de Victoria dans les années 1970.

Le 30 juillet, le pape François a aussi accepté la démission de l’archevêque d’Adélaïde Philip Wilson, condamné à un an de privation de liberté pour avoir dissimulé les sévices infligés dans les années 1970 par Jim Fletcher, un prêtre pédophile notoire. Âgé de 67 ans, l’archevêque est l’un des ecclésiastiques les plus haut placés dans la hiérarchie catholique mondiale à avoir été sanctionnés par la justice.

  • Des enfants de chœurs violés en Allemagne

Depuis 2010, des centaines de cas de sévices sexuels subis par des mineurs dans des institutions religieuses ont été révélés, notamment dans le très huppé collège Canisius à Berlin.

Le 18 juillet 2017, un rapport d’enquête lève le voile sur l’un des pires scandales ayant frappé l’Eglise en Allemagne : au moins 547 enfants du chœur catholique de Ratisbonne auraient été victimes de sévices, dont des viols, entre 1945 et le début des années 1990.

  • Les institutions irlandaises mises en cause

Dans les années 2000, des allégations de sévices sexuels infligés depuis des décennies à 14.500 enfants ont mis en cause des institutions de l’Église. Plusieurs évêques et prêtres, accusés d’avoir couvert ces agissements, ont été sanctionnés.

En mars 2017, l’Irlandaise Marie Collins, victime à 13 ans de sévices sexuels de la part d’un prêtre, avait claqué la porte de la commission du Vatican chargée de lutter contre la pédophilie, jugeant que les actes ne suivaient pas les paroles de fermeté du pape. Selon le Vatican, le pape François rencontrera discrètement des victimes de sévices sexuels pendant son voyage en Irlande du 25 au 26 août prochains.

  • En France, évêque et cardinal poursuivis en justice

En 2016, l’affaire du père Bernard Preynat, soupçonné d’avoir abusé de quelque 70 scouts, a écorné l’image du cardinal Philippe Barbarin, l’archevêque de Lyon, visé par des plaintes pour non-dénonciation. Le 21 août, un prêtre de Valence a lancé sur internet une pétition réclamant sa démission.

Début juin 2017, l’ancien évêque d’Orléans, dans le Centre, Mgr André Fort, a été mis en examen pour n’avoir pas dénoncé des faits présumés d’attouchements sexuels sur mineurs. Avant lui, Monseigneur Pierre Pican, évêque de Bayeux, avait été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis, également pour non-dénonciation.

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