Pétrole : l’Opep propose à ses alliés de prolonger les coupes en juillet

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Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se sont mis d’accord samedi pour proposer à leurs alliés, dont la Russie, de prolonger d’un mois, en juillet, les coupes drastiques auxquelles ils s’astreignent pour stabiliser les prix.

Cette décision des treize membres du cartel, menés par l’Arabie Saoudite, doit encore emporter l’adhésion de leurs 10 alliés de l’Opep+ avec lesquels ils négocient par visioconférence.

Un premier round de discussions, samedi, entre membres de l’Opep a débouché sur une entente pour “une extension d’un mois, en juillet”, a indiqué à l’AFP le ministre algérien de l’Energie Mohamed Arkab.

Elle amenderait le précédent accord arraché le 12 avril pour contrer les effets de la pandémie de coronavirus : il stipulait que la baisse de production historique de 9,7 millions de barils par jour (mbj) en mai et juin, passerait à 7,7 mbj de juillet à décembre, puis à 5,8 mbj de janvier 2021 à avril 2022.

En théorie, obtenir l’aval des partenaires de l’Opep sur ce nouvel accord a minima – certains observateurs de marché tablaient sur une prolongation plus longue, jusqu’à la fin de l’été voire de l’année – est une “formalité”, selon Bjornar Tonhaugen. Mais l’analyste de Rystad Energy rappelle aussi la part de surprise, voire de “drame”, auquel le cartel a habitué le marché.

“Nous avons une très bonne ambiance entre les pays Opep et non Opep. Nous travaillons en parfaite symbiose sur les grandes questions”, a pourtant déclaré plus tôt dans la journée M. Arkab, qui assure par ailleurs la présidence tournante de l’Opep.

Mais les négociations sont souvent tendues entre la Russie et l’Arabie saoudite, les deux poids lourds de l’entente, qui ont même déclenché une courte mais intense guerre des prix après l’échec de précédentes négociations début mars.

– Respect de l’accord –

La conformité entre les engagements pris par les pays et leur mise en œuvre pourrait constituer la principale pierre d’achoppement: ce sujet épineux “complique les efforts” de tout le groupe, d’après Al Stanton, analyste chez RBC.

Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a d’ailleurs rappelé l’importance du respect “à 100%” des quotas de coupe par chacun des pays, dans un discours introductif à la conférence diffusé sur le site de l’Opep.

Selon les calculs du fournisseur de données Kpler, le cartel élargi a réduit sa production d’environ 8,6 mbj en mai, soit 11% de moins que le volume prévu.

L’Irak et le Nigeria sont pointés du doigt, mais ce dernier a ouvert la porte samedi à une compensation en juillet, août et septembre du surplus pompé depuis début mai.

Autre caillou dans la chaussure de l’alliance construite autour du cartel, le Mexique a écarté vendredi toute nouvelle baisse de sa production: “nous ne pourrions pas ajuster davantage notre production”, a déclaré le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador au cours de sa conférence de presse quotidienne, taclant au passage, sans les nommer, les pays qui n’ont pas rempli “leur part du contrat”.

Malgré ces doutes, la politique de l’Opep a montré son efficacité puisque les cours sont remontés en ce début juin autour de 40 dollars le baril pour la référence américaine, le West Texas Intermediate (WTI), et son équivalent européen, le Brent de la mer du Nord.

Ils avaient atteint des plus bas historique aux alentours du 20 avril, heurtant la barre des 15 dollars pour le Brent et passant même en négatif pour le WTI.

Même “s’il est largement anticipé par les investisseurs, un tel accord serait favorable au soutien des prix du pétrole pour les mois à venir”, a complété M. Tonhaugen.

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