Poutine vante l'”union” russo-bélarusse avec Loukachenko

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Le président russe Vladimir Poutine a loué vendredi l'”union” russo-bélarusse en construction, recevant son homologue Alexandre Loukachenko à Sotchi au moment où celui-ci est sous le feu des critiques européennes après le “détournement” d’un avion de ligne pour arrêter un journaliste.

Cette visite de M. Loukachenko dans la station balnéaire russe sur les rives de la mer Noire, intervient alors que le Bélarus vient d’être visé par des sanctions de l’Union européenne.

“Je suis très content de vous voir”, a déclaré M. Poutine, tout sourire, en accueillant M. Loukachenko dans sa résidence d’été, lui proposant de faire après la rencontre une baignade en mer.

“Nous sommes en train de construire une Union” renforcée entre la Russie et le Bélarus, a rappelé le président russe, “ce travail apporte déjà des résultats concrets pour nos citoyens”.

Le Bélarus a dérouté dimanche un vol Athènes-Vilnius sur Minsk, une démarche justifiée par les autorités bélarusses par une alerte à la bombe, mais qui s’est soldée par l’arrestation d’un journaliste d’opposition bélarusse exilé de 26 ans qui se trouvait à bord.

Pour l’UE, qui a demandé dans la foulée aux compagnies aériennes de contourner le Bélarus, l’alerte à la bombe n’était qu’une mise en scène.

“Ce qu’ils veulent de nous est bien clair, ces amis occidentaux”, a dit M. Loukachenko devant Vladimir Poutine.

“Une tentative est en cours de déstabiliser la situation pour que ce soit comme en août” 2020, quand un mouvement de contestation sans précédent avait secoué le Bélarus, a-t-il affirmé.

Aucune déclaration pour la presse n’était prévue à l’issue de la rencontre, selon le Kremlin.

La Russie a assuré cette semaine ne voir “aucune raison” de ne pas croire les explications bélarusses sur l’avion dérouté

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– comportement ‘irresponsable’ –

Les 27 membres de l’UE ont été accusés vendredi de comportement “irresponsable” par la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, selon laquelle la demande de l’UE de contourner l’espace aérien bélarusse “met en danger la sécurité des passagers”.

Cette décision de l’UE a été suivie de l’annulation de plusieurs vols d’Air France et d’un trajet d’Austrian Airlines vers Moscou, la Russie n’ayant pas validé les nouveaux plans de vols évitant l’espace aérien bélarusse.

Le Kremlin a assuré vendredi que le motif était purement “technique”.

L’autorité aérienne russe Rossaviatsia a expliqué le retard dans la validation des plans de vols par “l’augmentation du nombre des demandes des compagnies aériennes”. Austrian Airlines a d’ailleurs dit disposer désormais de la documentation nécessaire.

Le Bélarus assure que le pilote du vol Ryanair dérouté n’a subi aucune pression alors même qu’un avion de chasse a été envoyé pour escorter le Boeing 737 jusqu’à l’aéroport de Minsk.

M. Loukachenko estime que l’Europe veut “étrangler” son pays, dont de nombreux hauts responsables sont déjà visés par des sanctions en raison de la répression des opposants depuis le mouvement contestation de l’année dernière.

La cheffe de file de l’opposition bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, a appelé vendredi l’UE à se montrer “plus courageuse et plus forte” et à imposer des sanctions supplémentaires au Bélarus.

La présidente estonienne Kersti Kaljulaid a appelé elle les Occidentaux à couper le “flot d’argent” alimentant le régime bélarusse.

Pour sa part, Bruxelles a présenté un projet de soutien au Bélarus prévoyant jusqu’à 3 milliards d’euros d’aide au pays dès que se déclenchera une transition démocratique.

– Mise en scène? –

Selon Minsk, l’avion a été dérouté à cause d’une alerte à la bombe et l’arrestation de Roman Protassevitch et de sa compagne, Sofia Sapega, relèvent du hasard.

Les soupçons d’une mise en scène ont cependant été renforcés par deux éléments.

La société Proton Technologies, qui héberge l’adresse email d’où la menace a été envoyée, a révélé que “le message en question a été envoyé après que l’avion a été détourné”.

Le site dossier.center a publié lui une photo présentée comme montrant ce courriel, dont l’heure affichée est 12H57 (09H57 GMT), alors que le pilote de l’avion a officiellement été informé de la menace à 09h30 GMT.

Le Comité d’enquête bélarusse s’est défendu en affirmant dans un communiqué que c’était plusieurs messages d’alerte qui avaient été reçus dimanche, dont un à 09H25 GMT.

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