Présidentielle en Uruguay: le candidat de centre droit en tête

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Le candidat de centre droit Luis Lacalle Pou est arrivé dimanche en tête du second tour de la présidentielle en Uruguay et est en passe de mettre fin à 15 ans de gouvernements de gauche dans ce pays, selon des sondages réalisés à la sortie des urnes.

L’ex-sénateur du Parti national de 46 ans, héritier d’une dynastie politique uruguayenne, a recueilli 49,4% des voix, contre 46,4% à Daniel Martinez, ancien maire de Montevideo et représentant du parti au pouvoir, le Frente Amplio (Front élargi, gauche).

L’heure n’était pas encore à la célébration, ni au QG de M. Lacalle Pou, ni parmi le public agglutiné devant une tribune géante montée sur une avenue de la capitale, selon les images des télévisions locales. De son côté, le camp de M. Martinez n’avait pas reconnu sa défaite en début de soirée.

Des concerts de klaxons ont commencé à résonner dans les rues de Montevideo, où les drapeaux bleu ciel et blanc du Parti national et rouge, bleu et blanc du Frente amplio s’affichaient aux fenêtres des immeubles et des voitures, a constaté l’AFP.

Les premiers résultats officiels étaient attendus plus tard dans la soirée dimanche. Le nouveau président, qui succèdera à Tabaré Vasquez, prendra ses fonctions en mars pour cinq ans.

M. Vasquez a assuré que l’Uruguay respecterait “toutes les étapes constitutionnelles et légales”, en faisant allusion aux crises qui secouent plusieurs pays de la région.

“Aujourd’hui, nous pouvons choisir, que l’on gagne ou que l’on perde. C’est un droit et un devoir, et vu l’état de la région, tout le monde n’a pas cette possibilité. Il faut savoir l’apprécier”, déclare Juan Pablo Abella, 40 ans, venu voter avec sa compagne et leur fils de 9 ans. “On est nés tous les deux sous la dictature” militaire dans les années 1970, souligne-t-il.

“On veut que le Frente amplio gagne, car on sent qu’avec la gauche nos droits sont garantis”, espère-t-il, mais “quoi qu’il arrive, il faudra l’accepter, car nous voulons la démocratie avant tout, c’est ce qu’on explique à notre fils”.

Au premier tour, M. Lacalle Pou était arrivé deuxième derrière M. Martinez, ingénieur franco-uruguayen de 62 ans. Mais il a ensuite mis en place une coalition avec les autres prétendants battus, allant de la droite aux sociaux-démocrates, lui permettant de caracoler en tête des sondages.

– “Exemple de démocratie” –

Alors que plusieurs pays latino-américains connaissent des crises politiques et sociales majeures, “l’Uruguay continue d’être cité comme un exemple de démocratie qui fonctionne dans la région, tout en rejetant les issues populistes extrémistes”, souligne Paul Webster Hare, ex-ambassadeur britannique qui a été en poste à Cuba et au Venezuela, et désormais professeur à l’université de Boston (Etats-Unis).

Pour Diego Lujan, politologue de l’université de la République, la plus grande d’Uruguay, ce second tour s’apparentait à un référendum pour ou contre la gauche. “Quand il y a un parti qui est au gouvernement depuis trois mandats, avec la majorité au Parlement et qui peut appliquer son programme, les résultats sont de la responsabilité de ce parti”, explique-t-il.

Lors des dernières élections, en 2014, l’économie était en croissance et le programme était incarné par Tabaré Vasquez, premier président de gauche de l’Uruguay (2005-2010) et un des dirigeants historiques du Frente Amplio. M. Vasquez avait battu M. Lacalle Pou, fils de l’ancien président Luis Alberto Lacalle (1990-1995) et candidat pour la première fois.

La coalition de gauche avait alors “des réussites à mettre à son actif”, mais “ce troisième gouvernement du FA a peu de succès à faire valoir”, relève M. Lujan.

En 15 ans, la coalition au pouvoir a notamment approuvé l’avortement (2012), le mariage homosexuel (2013) et a été pionnière dans la légalisation du cannabis (2013).

Dans ce pays réputé pour être un des plus sûrs d’Amérique latine, la criminalité arrive en tête des préoccupations des électeurs. L’Uruguay a connu une hausse de 45% des homicides entre 2017 et 2018.

Côté économique, le taux de chômage se rapproche des 9,5% et le coût de la vie ainsi que la pression fiscale reviennent souvent parmi les récriminations des chefs d’entreprises et commerçants.

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