Présidentielle ukrainienne: Zelensky vante sa rencontre “très sympa” avec Macron, avant Porochenko

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Les deux prétendants à la présidence ukrainienne, le sortant Petro Porochenko et le comédien Volodymyr Zelensky, sont allés chercher des soutiens internationaux à Berlin et à Paris vendredi, ce dernier se disant ravi de sa rencontre “très sympa” avec Emmanuel Macron.

Le président Petro Porochenko avait d’abord été reçu dans la journée à Berlin par la chancelière Angela Merkel. Quasiment au même moment, Volodymyr Zelensky, novice en politique et favori du deuxième tour du scrutin prévu le 21 avril, s’entretenait avec le président français Emmanuel Macron.

Il a ensuite décrit l’atmosphère de sa rencontre comme “très sympa” et “constructive”, dans des déclarations dans la soirée à Radio Free Europe/Radio Liberty. “Nous avons parlé de la vie, nous avons parlé de l’essentiel. Nous avons parlé du règlement du conflit dans le Donbass”, a-t-il ajouté, évoquant la région de l’est pro-russe où les affrontements ont fait près de 13.000 morts depuis 2014.

La rencontre a duré environ une heure, selon Ivan Bakanov, le directeur de campagne de M. Zelensky, et a également porté sur la lutte contre la corruption et les réformes.

Emmanuel Macron a également reçu dans la soirée Petro Porochenko, qui a ensuite posté sur Twitter et Facebook des photos le montrant souriant avec Emmanuel Macron sur les marches du palais de l’Elysée, avec pour commentaire : “Heureux de retrouver un vrai ami de l’Ukraine”.

S’adressant par la suite aux journalistes, il a lui aussi cité le règlement du conflit du Donbass – dans lequel la France et l’Allemagne se sont impliqués aux côtés de l’Ukraine et de la Russie au sein du format dit de Normandie – parmi les principaux thèmes de discussion à Berlin et à Paris.

“Nous avons eu la confirmation absolument claire que juste après ma réélection – nous avons la conviction qu’il y a une opportunité – il y aura une rencontre au plus haut niveau dans le format ‘Normandie'”, a-t-il dit, interrogé en direct depuis Paris par la télévision ukrainienne.

Auparavant, lors d’une conférence de presse avec Mme Merkel, M. Porochenko, qui se pose en rempart contre les visées de Moscou, avait souligné que les discussions avec Berlin et Paris étaient importantes pour “le sort de l’Etat ukrainien et de la sécurité européenne”, surtout dans le contexte de “tentatives” de lever les sanctions occidentales contre la Russie.

Frappée par de lourdes sanctions, la Russie est accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement les rebelles prorusses, ce qu’elle réfute.

Petro Porochenko, 53 ans, ancien ministre des Affaires étrangères, met en avant son expérience du pouvoir à l’issue d’un mandat marqué par de difficiles négociations de paix et un accord clé de rapprochement avec l’Union européenne. Il l’oppose à l’inexpérience de son adversaire.

– “Echanger des amabilités” –

Considéré par ses partisans comme un nouveau visage dans un paysage politique dont l’image est compromise, M. Zelensky n’a organisé aucun meeting électoral et s’est surtout exprimé sur les réseaux sociaux.

En le recevant, la présidence française a suscité un certain agacement à Kiev. “C’est une situation très désagréable et étrange”, a déclaré à l’AFP une source diplomatique ukrainienne. “Cela fait très concours de beauté”, a renchéri une autre.

Si la présidence française a mis en avant son statut de “candidat qualifié pour le second tour de la présidentielle”, certains observateurs estiment que ce comédien de 41 ans est pris au sérieux essentiellement en raison de son bon score au premier tour : plus de 30% des voix contre 16% pour Petro Porochenko.

Confirmant son statut de favori, un sondage publié jeudi le crédite de 61% des intentions de vote pour le deuxième tour contre seulement 24% pour son concurrent.

“La France montre qu’elle comprend dans quelle direction se dirigent les électeurs ukrainiens et qu’il faut établir des contacts”, commente Leonid Litra, un expert du centre d’analyse New Europe à Kiev.

La présidentielle en Ukraine se déroule au moment où cette ex-république soviétique de 44 millions d’habitants située aux portes de l’Union européenne est confrontée à la pire crise depuis son indépendance en 1991.

L’arrivée de pro-occidentaux au pouvoir en 2014 a été suivie par l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et la guerre dans la partie orientale du territoire ukrainien.

Avant le début des hostilités dans l’Est, M. Zelensky s’était d’abord montré conciliant, se disant prêt à se mettre “à genoux” devant M. Poutine pour éviter un “conflit militaire” entre les deux “peuples frères”.

Après le premier tour de la présidentielle, il a durci le ton, disant vouloir demander au Kremlin des compensations pour la guerre et la perte de la Crimée.