Prison à vie pour le frère de l’auteur de l’attentat de Manchester

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Trois ans après l’attentat-suicide de Manchester, la justice britannique a condamné jeudi à la perpétuité avec un minimum de 55 ans en prison le frère du kamikaze pour l’avoir aidé à préparer l’explosion qui avait fait 22 morts et des centaines de blessés à la sortie d’un concert.

En mars, Hashem Abedi, 23 ans, avait été reconnu coupable par la cour criminelle de l’Old Bailey des meurtres de 22 personnes lors de l’attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et perpétré à l’extérieur de la salle où venait de se produire la star américaine de la pop Ariana Grande.

Le jeune britannique d’origine libyenne avait en outre été reconnu coupable de tentative de meurtre et de complot en vue de mettre en danger la vie d’autrui.

Amené à la cour depuis la prison de haute sécurité de Belmarsh, l’accusé a refusé de se rendre dans la salle où a eu lieu l’énoncé de la peine et où sont venues des proches des victimes. Il n’était pas représenté légalement, ayant renvoyé l’équipe d’avocats assurant sa défense.

Hashem Abedi ne risquait pas la perpétuité réelle car il était âgé de moins de 21 ans au moment de l’attentat. Elle “aurait constitué une juste peine”, a cependant estimé le juge Jeremy Baker en rendant son verdict.

Selon lui, l’accusé est “autant coupable” que son frère des “crimes atroces” commis. “Ce n’est pas un événement fortuit mais le produit d’une planification attentive et complète”, a-t-il expliqué, décrivant Hashem Abedi comme un “jeune homme intelligent”.

Il a jugé comme “un facteur fortement aggravant” le fait qu’un public jeune était “spécifiquement visé” par l’attentat.

Dans un communiqué diffusé après l’énoncé de la peine, le Premier ministre Boris Johnson a qualifié l’attentat d'”acte terrifiant et lâche qui visait des enfants et des familles”. Il a assuré que les victimes ne seraient “jamais oubliées, tout comme l’esprit de la population de Manchester qui s’est réunie pour envoyer un message clair au monde entier que les terroristes ne vaincront jamais”.

– “Honte” –

Le frère d’Hashem Abedi, Salman, avait fait exploser sa bombe le 22 mai 2017 à Manchester (nord de l’Angleterre) à la sortie d’une salle de concert pouvant accueillir jusqu’à 21.000 personnes. Vingt-deux personnes avaient été tuées, dont des adolescents et un enfant.

Au moment de l’attaque, Hashem Abedi se trouvait à des milliers de kilomètres de Manchester, en Libye, son pays d’origine, où il était parti un mois avant l’attentat. Il avait finalement été arrêté le 17 juillet 2019 à son arrivée à Londres, après avoir été extradé par la Libye.

Outre les 22 personnes tuées, “237 ont été blessées physiquement”, dont 28 très gravement, avait souligné le procureur Duncan Penny au cours de son procès et “un total de 670 personnes ont été traumatisées psychologiquement”.

Des membres des familles des victimes ou de rescapés ont assisté aux deux jours d’audience précédant l’énoncé de la peine, dans la salle ou par vidéo conférence.

Les larmes aux yeux, certains ont décrit leur calvaire. “Vous m’avez pris quelque chose de plus précieux que l’or, un garçon magnifique”, a reproché à l’accusé la mère de Liam Curry, 19 ans, en tenant une photo de son fils. “Vous avez pris son avenir, mon avenir, l’avenir de ma famille.”

Clair Booth, qui a survécu contrairement à sa soeur Kelly Brewster, 32 ans, a raconté ne pouvoir “aller nulle part toute seule, même dans un magasin”.

Figen Murray, dont le fils Martyn Hett, 29 ans, a été tué, a expliqué être désormais incapable d’aller se coucher après 22H31, l’heure de l’explosion: “je ne peux toujours pas accepter le fait que j’étais profondément endormie alors que mon fils gisait mort sur le sol, et j’en ai honte”.

“Perdre l’un de mes enfants m’a tuée – je suis comme morte”, a témoigné Samantha Leczkowski qui, malgré ses blessures, avait tenté en vain de secourir sa fille de 14 ans. “J’ai dû voir Sorrell mourir dans mes bras”, a-t-elle dit dans une déclaration lue à l’audience.

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