Procès en destitution: Trump et ses avocats à l’offensive contre Bolton

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Donald Trump, ses avocats et la Maison Blanche ont lancé mercredi une offensive généralisée pour empêcher son ancien conseiller John Bolton de témoigner au procès en destitution du président américain ou de publier un livre contenant des confidences embarrassantes.

Au petit matin, le locataire de la Maison Blanche s’est déchaîné sur Twitter contre son ex-conseiller à la sécurité nationale, l’accusant d’avoir multiplié les “erreurs de jugement”.

John Bolton “m’a ‘supplié’ pour que je lui donne” ce poste et “il s’est fait virer parce que franchement, si je l’écoutais, on en serait à la Sixième Guerre mondiale”, a assené Donald Trump. “Immédiatement, il écrit un livre faux et méchant”, s’est-il encore indigné.

Limogé en septembre, John Bolton, néoconservateur de 71 ans connu pour ses positions belliqueuses, s’apprête à publier un livre-témoignage qui met à mal l’une des principales lignes de défense du 45e président des Etats-Unis.

Dans cet ouvrage, il affirme que Donald Trump lui a dit en août ne pas vouloir débloquer une aide destinée à l’Ukraine tant que ce pays n’enquêterait pas sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de l’élection présidentielle du 3 novembre.

Ces allégations, rendues publiques dimanche soir, ont fait l’effet d’une bombe car elles touchent au coeur du dossier d’accusation contre le président, jugé pour “abus de pouvoir” et “entrave au travail du Congrès”.

Elles ont également renforcé les démocrates, qui réclament depuis des semaines la convocation de plusieurs haut responsables de la Maison Blanche devant les sénateurs. John Bolton a fait savoir qu’il était prêt à témoigner si le Sénat lui adressait une assignation à comparaître.

– “N’attendez pas le livre” –

A la reprise du procès dans l’après-midi, l’élu démocrate Adam Schiff, qui fait office de procureur en chef, s’est immédiatement emparé du sujet. “Il y a un témoin qui, s’il est assigné, est prêt à répondre” à vos questions, a-t-il lancé aux cent sénateurs chargés de juger le président.

“N’attendez pas que le livre soit imprimé noir sur blanc le 17 mars pour avoir vos réponses”, a-t-il poursuivi en réclamant de nouveaux la convocation de témoins pour assurer “un procès équitable”.

Il se pourrait toutefois que le livre ne paraisse pas comme prévu, la Maison Blanche ayant interdit à John Bolton de le publier en l’état.

Le manuscrit semble “contenir des informations confidentielles”, dont certaines “sont classées au niveau top secret” et “pourraient causer des torts exceptionnellement graves à la sécurité nationale”, lui a écrit le Conseil à la sécurité nationale (CSN), en lui demandant de supprimer ces passages.

Dans l’hémicycle du Sénat, l’avocat du président Patrick Philbin s’est fait l’écho de ces préoccupations. “John Bolton connaît tous les secrets de la Nation” et ne peut pas être auditionné publiquement, a-t-il dit.

Plus généralement, “cette institution serait paralysée pendant des mois” si le Sénat autorisait la convocation de nouveaux témoins, a-t-il prédit.

– “Se jouer de vous” –

Les démocrates savent qu’ils n’ont quasiment aucune chance d’obtenir la destitution du président, la Constitution imposant une majorité des deux tiers (soit 67 voix) pour y parvenir.

A moins de 300 jours du scrutin présidentiel, ils espèrent toutefois ternir son image avec de nouvelles informations compromettantes.

Pour éviter un déballage dangereux, Donald Trump et ses partisans s’opposent eux avec vigueur à la convocation de nouveaux témoins.

Les 53 sénateurs républicains ont jusqu’ici fait bloc autour de leur président, mais les révélations de John Bolton ont fait bouger les lignes et leur leader Mitch McConnell a reconnu mardi ne pas avoir suffisamment de voix à l’heure actuelle pour bloquer la demande de témoins.

Il reste trois jours à ce stratège expérimenté pour essayer de faire rentrer dans le rang les quelques sénateurs républicains modérés, dont Mitt Romney, Susan Collins ou encore Lisa Murkowski, susceptibles d’apporter leur soutien aux 47 sénateurs de la minorité, lors d’un vote à la majorité simple sur la question prévu vendredi en fin de journée.

“Républicains, rappelez-vous que les démocrates ont déjà eu 17 témoins et nous AUCUN!”, leur a lancé mercredi Donald Trump sur Twitter. “Ne laissez pas les démocrates se jouer de vous”.

En attendant, les sénateurs disposent de deux jours pour interroger l’accusation et la défense, par écrit, à charge pour le chef de la Cour suprême John Roberts, qui préside le procès, de lire leurs questions à haute voix. Cet exercice très codifié a suscité quelques passes d’armes mercredi, sans faire émerger de nouveaux arguments.

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