Projet d’annexion d’un pan de la Cisjordanie: réactions indignées dans le monde arabe

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Réactions indignées et inquiètes se sont succédé mercredi dans les capitales de pays arabes et musulmans, au lendemain de la promesse faite par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’annexer partiellement la Cisjordanie occupée en cas de réélection.

En pleine campagne électorale, M. Netanyahu a promis, s’il était réélu, d’annexer à l’Etat d’Israël “la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer Morte”. La vallée du Jourdain représente environ 30% de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Réalisée, cette promesse “entraînera toute la région dans la violence”, a affirmé le chef de la diplomatie jordanienne, Aymane Safadi.

Gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est –secteur palestinien de la ville occupé et annexé depuis 1967 par Israël–, la Jordanie est le seul pays arabe avec l’Egypte à avoir conclu un traité de paix avec Israël, en 1994.

Preuve du courroux suscité par l’annonce du Premier ministre israélien, le président du Parlement jordanien, Atef al-Tarawneh, a affirmé mercredi que cet accord de paix bilatéral était désormais “en jeu”.

Le régime syrien, qui lui est techniquement toujours en guerre avec l’Etat hébreu, a accusé Israël d'”expansionnisme”, par le biais de son agence officielle Sana.

L’annonce de M. Netanyahu “constitue un développement dangereux et une nouvelle agression israélienne qui déclare son intention de violer le droit international”, ont réagi dès mardi soir les chefs de la diplomatie des Etats membres de la Ligue arabe.

Dans leur communiqué, ils ont aussi assuré que l’annexion envisagée “minerait les chances de progrès dans le processus de paix” israélo-palestinien.

Peu après l’annonce, une haute responsable palestinienne, Hanane Achraoui, avait également assuré à l’AFP que le projet du candidat Netanyahu ruinerait “toute chance de paix”, n’hésitant pas à parler de “nettoyage ethnique”.

– “Dangereuse escalade”, selon Ryad –

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, a qualifié les propos du Premier ministre israélien de “provocation dangereuse et agressive”.

A Ryad, la promesse de M. Netanyahu a été qualifiée de “dangereuse escalade”, selon l’agence officielle SPA.

L’Arabie saoudite a demandé une “réunion d’urgence” des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), prévue dimanche.

Le royaume saoudien, proche allié des Etats-Unis, a également appelé la communauté internationale à “condamner et rejeter la déclaration (de Benjamin Netanyahu) et à considérer toute action résultant de cette promesse comme nulle”.

Aux Emirats arabes unis, le chef de la diplomatie Abdallah ben Zayed Al-Nahyane a déclaré que l’annonce israélienne constituait “une escalade dangereuse qui viole toutes les conventions et résolutions internationales”.

Ailleurs dans le Golfe, le Bahreïn a dénoncé “une atteinte flagrante et inacceptable aux droits du peuple palestinien qui reflète une détermination à ne pas parvenir à une paix juste et globale”.

La Turquie a jugé “raciste” la promesse de M. Netanyahu. Ankara “défendra jusqu’au bout les droits et les intérêts des” Palestiniens, a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

Hors de la région, l’ONU a elle mis en garde Israël mardi. “Une telle perspective serait dévastatrice pour la possibilité de relancer les négociations, la paix régionale et l’essence même d’une solution à deux Etats”, Israël et la Palestine, a affirmé le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric.

L’Union européenne a réagi en affirmant, par la voix de son porte-parole, que le plan d’annexion de M. Netanyahu compromettait les perspectives de paix.

L’annonce de M. Netanyahu intervient à une semaine de législatives qui s’annoncent âprement disputées.

M. Netanyahu, qui fait campagne à droite et courtise l’électorat des colons juifs favorables à l’annexion de la Cisjordanie, est actuellement au coude-à-coude avec son plus proche rival, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, à la tête du parti centriste “Bleu-blanc”.

A ce jour, plus de 600.000 Israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle auprès de trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

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