Régionales: l’abstention record se confirme au second tour, léger rebond en Paca

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L’abstention record du premier tour des régionales et départementales se confirme au second dimanche, estimée autour de 65%, rendant incertaine l’issue du duel en Paca entre LR et le RN, qui espère emporter la première région de son histoire, à 10 mois de la présidentielle.

Selon les chiffres officiels, la participation des quelque 48 millions d’électeurs appelés aux urnes dimanche s’établit à 17H00 à 27,89% en France métropolitaine, soit un point de plus qu’au premier tour (26,72%) et en chute libre par rapport aux régionales de décembre 2015 (50,54%) et aux départementales de mars 2015 (41,92%).

Marquant une envolée vertigineuse par rapport à ces scrutins, l’abstention atteint 64,3 à 65,5% (contre 66,7% au premier tour), selon les premières estimations de plusieurs instituts de sondage, alors que les bureaux de vote ferment à 18H00, 19H00 ou 20H00 selon les communes. Elle avait atteint 41,59% au second tour de 2015.

Des 13 régions métropolitaines, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) est la seule à connaître un duel qui s’annonce très serré, entre les frères ennemis Thierry Mariani (ex-LR devenu RN) et Renaud Muselier (LR), avec un rebond de deux points de participation au second tour.

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Reste que la mobilisation, très légèrement supérieure, ne devrait pas “bouleverser le rapport de forces établi au premier tour”, anticipe Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS: flop de la majorité macroniste, prime aux sortants PS-LR, RN bien en deçà des prévisions des sondeurs et “front républicain” – ou pas – face à lui, ambitions élyséennes aiguisées à droite.

Les électeurs votent dans un contexte particulier de crise sanitaire et de protocole strict (masque, gel, distance de sécurité) pour désigner les 13 exécutifs régionaux métropolitains, chargés de nombreux aspects de leur vie quotidienne (transports, bâtiments scolaires, accompagnement des entreprises…).

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“Ecoeurement total” face à une classe politique qui ne fait “pas d’efforts” pour se mettre à la portée des électeurs, scrutin mal compris ou manquant d’incarnation: les abstentionnistes rencontrés par l’AFP dimanche évoquent de multiples raisons pour ne pas se rendre aux urnes.

Alors qu’une polémique sur les ratés de l’acheminement des professions de foi des candidats a entaché le premier tour, Anne-Françoise, 66 ans, se plaint de ne pas les avoir reçues “une fois encore”. “Ce qui est sûr, c’est que ça ne donne pas envie d’aller voter”, déplore-t-elle, comme d’autres électeurs qui ont voté, mais sans illusions.

“Ne pas voter c’est un déni de démocratie”, estime Thierry, un septuagénaire, devant son bureau de vote du Ve arrondissement de Marseille, tandis que Fabrice Chargelègue, retraité à Nice, peste: les Français “prennent les droits, mais pas les devoirs”.

– “Intéresser les électeurs” –

Il faut surtout se demander ce “qui fait qu’on n’arrive pas à intéresser les électeurs ?”, dit Françoise Schaetzel, 69 ans, une élue présidente d’un bureau de vote strasbourgeois.

Mais comme d’autres abstentionnistes, Hélène Débotte, 31 ans, préfère la présidentielle de 2022: “C’est plus clair, les enjeux, les grandes lignes”.

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Comme au premier tour, Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, a pris un long temps à la mi-journée pour saluer les personnes venues à sa rencontre devant le Palais des Congrès du Touquet, avant et après avoir voté.

Trois triangulaires (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Hauts-de-France), sept quadrangulaires (Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand-Est, Ile-de-France, Normandie, Pays de la Loire, Corse), et même deux quinquangulaires (Bretagne, Nouvelle-Aquitaine) étaient au rendez-vous.

Après d’intenses tractations entre états-majors des partis, les alliances locales ont été à géométrie variable: gauche et écologistes unis en Ile-de-France, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, mais pas en Bretagne ni en Nouvelle-Aquitaine par exemple.

La droite classique, promise au néant entre le RN et LREM, est sortie du premier tour soulagée, portant encore beau dans les régions qu’elle détient.

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Mais elle pourrait se retrouver dimanche soir face à son vieux démon: devoir départager les ambitions nationales de trois présidents de région sortants en pole position dans leurs baronnies, Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) et Valérie Pécresse (Ile-de-France).

– Quinquangulaires –

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A gauche, un PS à l’étiage dans les scrutins nationaux sort lui aussi requinqué du premier tour, avec notamment ses présidents sortants Carole Delga (Occitanie), Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine) ou Loïg Chesnais-Girard (Bretagne) bien placés.

L’arithmétique complexe du mode de scrutin pourrait toutefois compliquer le résultat dans ces deux dernières régions où se déroulent des quinquangulaires: si la prime à la liste arrivée en tête (un quart des sièges à pourvoir) n’est pas suffisante pour obtenir une majorité, des alliances devront se former.

Les écologistes, alliés à la gauche, lorgnent une possibilité de victoire dans les Pays de la Loire, où leur candidat Matthieu Orphelin (ex-LREM) affronte la sortante LR Christelle Morançais.

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Quant à la majorité présidentielle, absente au premier tour en Paca, éliminée dans les Hauts-de-France ou en Occitanie, elle est à la traîne dans les régions où elle est encore en lice.

Après ces deux tours, les présidents de région seront ensuite élus le 9 juillet.

Dans l’ombre des régionales, les départementales ont été logiquement marquées par une abstention massive équivalente au premier tour, et des équipes sortantes issues des partis de droite et de gauche largement en tête.

Le RN espère toutefois progresser dans les Pyrénées-Orientales dont il dirige le chef-lieu Perpignan. Le PCF est, lui, en situation difficile dans son fief du Val-de-Marne.

Outre-mer, ce second tour concerne La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte, suivant leur organisation territoriale propre.

bur-cr-ggy-ib/cbn