Retrouver ses copains et porter le masque: une rentrée scolaire sous le signe du Covid

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La joie de retrouver ses copains, avec parfois la contrainte du masque: près de 12,3 millions d’élèves font leur rentrée, jeudi, cette fois sous la menace du variant Delta qui suscite de nombreuses interrogations chez les parents et enseignants.

Bachir, qui entre en CM1 dans une école de Romainville (Seine-Saint-Denis) a “trop hâte de retrouver les copains”. “C’est pas très cool de devoir remettre le masque mais si au moins on peut l’enlever en récréation, c’est déjà ça”, se contente le garçon de 9 ans.

Pour cette rentrée, le ministère a retenu le protocole sanitaire de “niveau 2” (sur 4) qui autorise tous les élèves à être accueillis en présentiel et leur impose le port du masque en intérieur, sauf en maternelle.

“Comme l’année dernière, on va devoir vivre encore avec le virus, porter le masque, respecter les gestes barrières”, a précisé dans une vidéo destinée aux élèves, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, qui visite une école à Marseille jeudi, avec le président Emmanuel Macron.

“Les masques, pour les CP, c’est quand même très difficile, c’est un énorme changement pour eux, ils ne sont pas à leur taille, ça leur bouffe la moitié du visage”, déplore Arthur Leport, dont le fils Boris fait sa rentrée en CP à Rennes.

– “Pas simple” –

Un cas de Covid-19 dans une classe en primaire entraînera une fermeture, comme en juin.

“C’est toujours un problème en terme d’organisation, après on s’adaptera, on n’a pas le choix”, commente Anne Remy, mère d’Antoine et Olivier, jumeaux de 6 ans, qui rentrent en CP à Metz.

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En cas de contamination au collège ou au lycée, seuls les élèves cas contacts qui ne sont pas vaccinés devront s’isoler une semaine. Un défi aussi pour les enseignants.

“On se doute que ce ne sera pas simple”, commente Françoise Cahen, professeure de français dans un lycée d’Alfortville (Val-de-Marne). “Il faudra faire preuve d’esprit d’adaptation, mais c’est quelque chose qu’on sait mieux faire après ces deux années.”

Nouveauté en cette rentrée: collèges et lycées vont contribuer à la campagne de vaccination, ouverte seulement aux plus de 12 ans. Le gouvernement prévoit d’envoyer des “équipes mobiles” dans certains établissements et d’acheminer des groupes d’élèves volontaires vers les centres de vaccination.

“Mon enfant entre en CE1, il n’est donc pas concerné par la vaccination mais je crains qu’on y vienne prochainement et je ne sais pas comment nous ferions car je suis totalement opposée à la vaccination des enfants”, confie une maman, qui a souhaité rester anonyme, devant une école de banlieue parisienne.

Flora Michelangeli, 18 ans, en terminale au lycée professionnel Saint-Marc à Lyon, a déjà reçu sa première dose: “je me suis dit que pour le lycée, il fallait le faire car je ne veux pas être en distanciel”, explique-t-elle.

Environ 60% des adolescents et 89% des enseignants sont vaccinés en France, selon Jean-Michel Blanquer.

– Le vaccin, “clé” de la rentrée –

“La question de l’avancée de la vaccination est la clé de cette rentrée dans le secondaire”, estime Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. “Mais la vaccination ne protège pas complètement, dit-elle. On sait que le virus va circuler. La question est de savoir dans quelles proportions et dans quelle mesure (le fait) d’avoir des élèves vaccinés va jouer.”

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“Il est possible qu’il y ait une augmentation des contaminations”, a averti M. Blanquer, ce qui pourrait entraîner un durcissement du protocole sanitaire dans les écoles, à échelle locale ou nationale.

Déjà, aux Antilles et dans les zones rouges de Guyane, la rentrée a été reportée du 2 au 13 septembre en raison de la situation sanitaire “grave” qui y sévit.

En cette rentrée particulière, les interrogations ne portent pas uniquement sur la situation sanitaire: “on se demande dans quel état pédagogique on va retrouver les élèves”, souligne Sophie Vénétitay, du Snes-FSU.

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“Cette rentrée aurait nécessité la mise en place d’un plan d’urgence et la création massive de postes pour l’éducation, dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages”, estime dans un communiqué une intersyndicale réunissant CGT, FSU, FO et Sud. Ces syndicats appellent à la grève le 23 septembre pour demander plus de moyens pour l’école.

vac-asm-burs/cb/cal