Roman Polanski et les César : le réalisateur érigé “membre historique”

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Retour en arrière pour l’Académie des César. Les nominations multiples – douze au total – de Roman Polanski pour son film J’accuse avait certes créé un torrent de rage en février dernier, et une réorganisation complète de L’Association pour la promotion du cinéma avait découlé de cet élan… mais le réalisateur a toujours un siège d’honneur auprès de l’organisation. En réalité, son nom est toujours inscrit dans la liste des 182 personnalités du cinéma… en tant que “membre historique“.

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Il va falloir “se lever” et “se casser” – comme le dirait si bien Virginie Despentes – encore un peu plus pour que justice soit faite. Alain Terzian, le président de L’Association pour la promotion du cinéma, a démissionné deux semaines avant la 45e cérémonie, suivi de près par le reste de ses confrères. Mais la “nouvelle” génération ne remplit pas exactement toutes ses promesses. La parité garantie, réfléchie pour combler le “manque de diversité“, est à peine respectée – on trouve, dans les membres, 81 femmes pour 101 hommes – et Roman Polanski n’est toujours pas renié par l’Académie des César. Au contraire.

En Amérique, le réalisateur n’est plus vraiment le bienvenu. Lui qui avait plaidé coupable de détournement de mineure il y a quarante ans a été rayé de l’Académie des Oscars, définitivement, en août 2020. Cette initiative avait débuté deux ans auparavant, mais Roman Polanski avait saisi la justice, estimant qu’il aurait dû recevoir un “préavis raisonnable” et qu’il aurait dû bénéficier d’une “chance raisonnable de se faire entendre“. Mais cette opinion, la magistrate californienne Mary Strobile ne la partageait pas vraiment.

Dans le reste du monde, en revanche, Roman Polanski s’en sort comme un chef. Son film J’accuse a remporté trois victoires aux César 2020, dont celle du “meilleur réalisateur“, et le long métrage mettant en scène Jean Dujardin et Emmanuelle Seigner a été applaudi, plus que de raison, à la Mostra de cette même année. Il est toujours poursuivi, pourtant, pour le viol de Samantha Geimer, une mineure de 13 ans, durant l’année 1977…