Sandrine Bonnaire, ex-femme battue : sa fille Jeanne encore “traumatisée”

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Les cicatrices du corps s’effacent, celles du coeur persistent. Sandrine Bonnaire, qui manifestait le samedi 27 novembre 2019 contre les violences faites aux femmes, a dévoilé un récit glaçant à propos de son expérience. Il y a vingt ans, l’homme qu’elle aimait a “pété les plombs“, l’a “strangulée contre un mur” et l’a laissée pour morte, au sol, le visage détruit. “Je continue à vivre avec cette histoire, que je le veuille ou non“, explique-t-elle le 27 novembre, sur France 5, dans l’émission C à Vous. Et pour cause : elle n’est pas la seule a avoir gardé des séquelles terribles de cette époque. Si elle conserve des plaques en titane au niveau du bas de son visage, sa fille Jeanne parle également de cette période avec grande émotion.

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Elle récupère finalement la parole qu’on a voulu lui ôter en visant la bouche. Victime de violence domestique, Sandrine Bonnaire s’est longtemps sentie coupable. “Il y a ce traumatisme-là, d’infliger ça à un enfant, raconte-t-elle à Anne-Elisabeth Lemoine. Ma fille était là. Heureusement elle dormait. Mais après ces cinq jours d’hôpitaux, je suis rentrée à la maison. La petite était dans le bain, elle avait 7 ans à l’époque. Je suis venue avec le visage déformé. Et j’ai vu Jeanne qui m’a regardée et qui a eu peur. Je lui ai menti. Je lui ai dit que j’étais tombée dans l’escalier.

J’avais la bouche attachée par des crochets et des élastiques

Sandrine Bonnaire évoquait cette agression d’une violence inouïe dans les pages du livre de Catherine Ceylac, À l’amour à la vie, paru chez Flammarion au mois d’octobre. Au moment des faits, la comédienne refusait de voir la vérité en face, tentant de se convaincre qu’il s’agissait d’un accident. Jeanne, quant à elle, ne s’est jamais tout à fait remise de voir sa mère dans cet état. “Elle parle encore de ce visage qui l’a complètement traumatisée, poursuit-elle. Elle me parle du rejet qu’elle avait pour moi. Elle ne se laissait plus l’embrasser, elle avait peur. J’avais la bouche complètement attachée par des crochets et des élastiques. J’ai mangé à la paille pendant plus de deux mois. J’ai perdu 12 ou 13 kilos.” Voilà pourquoi, en 2019, son âme reste couleur violet…