Sandrine Bonnaire victime de violences conjugales : “Les os du visage cassés”

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Sandrine Bonnaire faisait partie des 49 000 manifestants parisiens ayant défilé le samedi 23 novembre 2019, contre les violences faites aux femmes. Aux côtés de Muriel Robin, Adèle Haenel, Alexandra Lamy et Julie Gayet, l’actrice française était en tête de ce cortège, à l’initiative du collectif Nous toutes. Interrogée par une journaliste de Quotidien (TMC), celle qui a récemment dénoncé les violences dont elle a été victime a une fois de plus livré un témoignage bouleversant.

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Je suis là pour soutenir ce message, il faut arrêter la violence, et je pense qu’il y a d’autres moyens de s’exprimer que par la violence. Je suis là aussi parce que ça m’est arrivé, il y a 20 ans et en l’occurrence, il y a 20 ans, il y a quelqu’un, un homme avec qui j’ai vécu pendant 4 ans, qui m’a strangulée et voilà j’avais tous les os du visage cassés. J’ai deux plaques de titane là“, raconte Sandrine Bonnaire, avec émotion, en précisant avoir “fait appel à la justice“.

“Je me suis retrouvée avec la langue en lambeaux”

Je n’ai pas subi des violences à répétition. C’est quelqu’un qui a pété les plombs, qui m’a strangulée contre un mur. J’ai essayé de me défendre, j’ai levé les bras. Je suis tombée dans les pommes et je me suis retrouvée à trois mètres plus loin, avec le visage totalement de travers, avec la langue en lambeaux, comme des tissus qu’on découpe. Avec huit dents cassées, avec une ouverture ici“, explique-t-elle en pointant son menton. “Je me suis réveillée, j’ai craché plein de morceaux de dents, du sang. Il était encore là, il m’a apporté une serviette-éponge, qui s’est remplie de sang. Je suis allée me regarder dans le miroir et j’avais le visage comme ça“, poursuit Sandrine Bonnaire en mimant plusieurs hématomes au visage.

“Je l’ai cru sur le moment”

Je n’ai pas porté plainte tout de suite. Je lui ai dit : “Qu’est-ce que tu m’as fait ?” Et là il m’a dit : “Tu es tombée”. Comme il m’a strangulée et que je suis tombée dans les pommes, je l’ai cru sur le moment. Et là le médecin m’a dit : “écoutez, vous avez reçu un coup, quelqu’un vous a frappé”. Du coup j’ai porté plainte. La personne en question a pris deux ans se sursis avec une condamnation financière importante puisqu’il a fallu que je mette 35 000 euros dans mes soins dentaires et 20 000 euros parce que j’étais suivie par une psychologue. Ça m’a traumatisée“, explique Sandrine Bonnaire à Quotidien.

Un témoigne aussi poignant que nécessaire livré par l’actrice “pas tant pour mon histoire, mais surtout pour encourager les autres femmes qui n’ont pas la parole“. Sandrine Bonnaire s’était récemment livrée sur ces violences conjugales, dans le livre À l’amour à la vie (ed. Flammarion) de Catherine Ceylac, paru en octobre dernier. “Il m’a strangulée, je suis tombée dans les pommes, et je me suis réveillée avec une triple fracture de la mâchoire et huit dents cassées. À l’époque, on a parlé d’agression et je n’ai pas osé dire que c’était un homme que je connaissais“, avait-elle notamment révélé.