Sarah Suco raconte sa jeunesse dans une secte et la folie de ses parents

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À quelques jours de sa sortie, Sarah Suco était sur le plateau de Vivement dimanche prochain, ce 10 novembre, pour présenter son premier long métrage. Tiré d’une histoire vraie, celle de la réalisatrice, Les Éblouis raconte l’histoire de Camille, 12 ans, dont les parents s’engagent dans une communauté religieuse dont les préceptes sont proches de ceux de la secte.

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Face à Michel Drucker, et au côté de Céleste Brunnquell, qui campe l’héroïne de son film, Sarah se confie sur sa jeunesse. Entre ses 8 et ses 18 ans, elle subit la décision de ses parents, prisonnière dans cette “communauté charismatique”. Elle se raconte, toujours sur le fil entre fiction et autobiographie :C’est l’histoire d’une jeune fille qui se bat et qui voit ses parents s’enfoncer là-dedans, et qui deviennent fous. Elle voit sa mère devenir folle, elle voit ses frères et soeurs, elle doit les prendre en charge. Ses parents sont happés.” Pour autant, la volonté cinématographique de Sarah Suco est de ne pas “accuser” ses parents, mais “la dérive sectaire”.

Également présent sur le plateau, Pascal Légitimus questionne Sarah Suco qui explique : “On ne tombe pas dans une secte, on y entre de son plein gré. (…) La société est compliquée, on est oppressé, les gens ont peur… La solidarité, ça fait envie, le fait de vivre ensemble…” Pour autant, elle avoue qu’“il y a énormément de bons aspects dans ces communautés” et certaines sont “formidables“, mais elle souhaite protéger les “50 000 enfants en France”.

Sarah Suco, derrière l’histoire de la secte, veut en raconter le fonctionnement, une première en France, qui n’a jamais proposé de film sur ce sujet. Quand on pense aux sectes, les gens s’imaginent le Temple solaire, des gens qui se suicident par centaines… Moi je vivais dans une ville, c’était dans une église au coin de la rue comme il y en a partout… C’est des communautés charismatiques qui sont implantées partout en France, il y en a beaucoup et celle-là existe toujours”, a confié l’actrice et réalisatrice.

Très émue, elle évoque sa fugue, l’année de ses 18 ans, dix ans après que ses parents y sont entrés. Par la suite, ses frères et soeurs ont également fui la communauté. Quant à ses parents, “c’est compliqué, dit-elle. Je n’ai plus de rapports avec eux, je ne les vois plus. Ils sont restés“. Elle avoue tout de même que ses parents ont vu le film.

Le 7 octobre 2019, nombre de personnalités se sont réunies au Publicis Cinéma, à Paris, pour le prix Cinéma de la Fondation Barrière. Une nouvelle édition qui a sacré cette année le film Les Éblouis, réalisé par Sarah Suco.