Séisme en Iran, un mort et scènes de panique dans la capitale

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Un tremblement de terre de magnitude modérée a frappé vendredi en pleine nuit la région de Téhéran, faisant un mort et plus de vingt blessés et provoquant des mouvements de panique dans la capitale iranienne.

Le séisme de magnitude 4,6 s’est produit à 00H48 locales (20H18 GMT jeudi) près de la ville de Damavand, à environ 55 kilomètres à l’est de Téhéran, selon l’Institut américain d’études géologiques (USGS).

L’épicentre a été localisé à une profondeur de 10 kilomètres, selon l’USGS, au sud du mont Damavand, montagne volcanique et sommet le plus haut (5.671 mètres) d’Iran, un pays situé sur l’une des zones sismiques les plus actives au monde.

De nombreux habitants de Téhéran sont rapidement sortis de chez eux, dans les rues et les parcs, conformément aux règles de sécurité, selon des journalistes de l’AFP sur place. Certains emmitouflés dans des couvertures, d’autres portant des masques chirurgicaux.

L’Iran est le pays le plus touché du Moyen-Orient par la pandémie de Covid-19, avec près de 6.500 morts et plus de 100.000 cas selon un bilan officiel.

– Craintes des répliques –

Beaucoup d’habitants ont passé le reste de la nuit dans leur voiture, craignant de regagner leur foyer. Au moment du tremblement de terre, beaucoup dormaient ou se reposaient après l’iftar, le repas de rupture du jeûne au coucher du soleil pendant le mois sacré du ramadan.

“Nous étions assis quand ça a commencé (…) Nous avons senti que tout le bâtiment tremblait alors nous sommes sortis tous ensemble pour ne pas être en danger en cas de réplique”, raconte Ahmad, un habitant de 45 ans.

Le porte-parole du ministère de la Santé Kianouche Jahanpour a appelé la population à “rester calme” et à suivre les consignes de sécurité.

Une personne a été tuée et sept blessées dans le séisme, selon lui. La personne décédée est un homme de 60 ans dans le comté de Damavand dans la province de Téhéran, ont précisé les services de secours en faisant état de 23 blessés dans les provinces voisines de Téhéran et d’Alborz. Parmi eux, quatre ont été hospitalisés, a déclaré à l’AFP un porte-parole de ces services.

Le Croissant rouge iranien a indiqué qu’aucun effondrement d’immeuble n’avait été signalé pour le moment.

“La situation est stable maintenant, mais nous restons en état d’alerte” dans les provinces de Téhéran, d’Alborz, de Mazandaran, Qom et Semnan, a déclaré à l’AFP Hamed Sajjadi, chef des opérations de secours à l’organisation.

“Nous étions prêts à accueillir la population dans des stades en respectant les consignes de distanciation sociale, mais cela n’a pas été nécessaire”, a-t-il ajouté.

– Zone sismique active –

Selon le centre de sismologie de l’Université de Téhéran, la magnitude du séisme était de 5,1 et sa profondeur de 7 kilomètres. Le centre a fait état d’une série de répliques, la plus puissante de magnitude 4.

Le 23 février, un séisme de magnitude 5,7 survenu à la frontière entre l’Iran et la Turquie a tué neuf personnes côté turc et fait plusieurs dizaines de blessés de part et d’autre de la frontière.

En décembre et en janvier, deux tremblements de terre ont eu lieu près de la centrale nucléaire de Bouchehr. Les pays du Golfe voisins de l’Iran ont maintes fois dit leurs craintes concernant la fiabilité de la centrale et évoqué un risque de fuites radioactives en cas d’un fort séisme.

En novembre 2017, un séisme de magnitude 7,3 a fait 620 morts dans la province occidentale de Kermanshah. En 2003, un autre de magnitude 6,6 a partiellement détruit la ville de Bam (sud-est) et tué au moins 31.000 personnes.

Le séisme le plus meurtrier des trente dernières années en Iran, d’une magnitude de 7,4, a fait en juin 1990 40.000 morts et laissé un demi-million de personnes sans abri dans le nord du pays.

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