Spectaculaire séisme en vallée du Rhône, quatre blessés

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Quatre personnes ont été blessées, dont l’une grièvement, dans le séisme le plus important survenu en France depuis 16 ans, lundi peu avant midi près de Montélimar (Drôme), provoquant les plus gros dégâts dans la ville voisine du Teil en Ardèche.

Conséquence de la secousse: les réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) seront arrêtés “dans les prochaines heures” pour un “audit approfondi”, a indiqué le préfet de la Drôme Hugues Moutouh, même si “aucun dégât sur les bâtiments n’a été constaté, et les installations fonctionnent normalement” selon lui.

Le séisme, de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter, s’est produit en Ardèche, à “26 km au sud-est de Privas”, à 11h52, a précisé dans un communiqué le Bureau central sismologique Français (BCSF) de Strasbourg.

Il a principalement frappé la Drôme et l’Ardèche, notamment Montélimar où une personne a été grièvement blessée dans la chute d’un échafaudage, selon la préfecture de la Drôme.

Trois autres personnes ont été légèrement blessées en Ardèche “suite à une crise de panique”, a indiqué sur Twitter le préfet de ce département.

La secousse a été ressentie jusqu’à Saint-Étienne, Grenoble, Lyon, et même dans le sud de la France, mais c’est au Teil, localité limitrophe de Montélimar de plus de 8.500 habitants, que le séisme a fait le plus de dégâts matériels.

“Mon bâtiment a été cassé à l’intérieur, à l’extérieur, il est fissuré de partout”, a notamment témoigné à l’AFP Brahim, habitant du quartier des Sablons.

Selon le maire PS de la ville Olivier Pévérelli, qui assure avoir eu “la peur de (sa) vie”, deux clochers “sont prêts à tomber” et le dernier étage de l’hôtel de ville est inaccessible car “les plafonds sont tombés”. Il a annoncé avoir ouvert trois gymnases pour 400 à 500 personnes qui selon lui ne devraient pas passer la nuit chez eux.

Isabelle Massebeuf, conseillère régionale (LR), a indiqué que la structure du lycée Xavier Mallet (environ 1.000 élèves) du Teil avait “été endommagée, des poutres ont bougé et les services régionaux iront sur place demain (mardi) avec des ingénieurs pour faire un diagnostic”.

“Ça a duré cinq secondes, tout a tremblé autour de moi, les meubles, les murs, comme si un avion s’était écrasé à 800 mètres ou une grosse explosion”, a témoigné de son côté Kevin Cuer, habitant au 4e étage d’un immeuble de Montélimar.

– Sites nucléaires –

Selon le collectif antinucléaire du Vaucluse, l’épicentre est situé “à moins de 20 km de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) où la secousse a été ressentie dans la salle des machines des réacteurs, et à 30 km du site atomique du Tricastin (Drôme/Vaucluse)”.

Le collectif souligne que le site du Tricastin “implanté sur une faille sismique active et en contre-bas du canal de Donzère-Mondragon” est “le plus menaçant site nucléaire d’Europe s’étalant sur plus de 615 hectares”, demandant “la mise à l’arrêt sans aucune condition des installations nucléaires”.

L’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a assuré que le séisme n’avait provoqué “aucun dommage apparent” à ces sites, et qu’elle examinerait “les conditions dans lesquelles (les) réacteurs pourront redémarrer” à Cruas.

Une porte-parole a indiqué à l’AFP que l’arrêt des réacteurs pourrait durer “quelques jours”, en fonction de ce qu’on trouvera ou pas.

En revanche, la centrale nucléaire du Tricastin, la plus éloignée de l’épicentre du séisme, ne sera pas arrêtée, aucun seuil d’alerte n’y ayant été mesuré, a ajouté l’ASN.

– Le plus fort depuis 2003 –

Selon les données du BCSF, aucun séisme aussi fort n’a été constaté en France continentale depuis 2003 (dans les Vosges, ndlr). En 2011, un séisme de magnitude 5,5 avait été enregistré mais son épicentre se situait en mer, à 100 km au large d’Ajaccio.

“J’ai senti mes jambes trembler, j’avais l’impression que j’allais tomber, les jambes en coton, je me suis assise et j’ai compris qu’il y avait eu un tremblement de terre”, a témoigné auprès de l’AFP Nathalie Lefèvre, habitante de Vallon Pont d’Arc, en Ardèche.

Mustapha Meghraoui, physicien à l’Institut de physique du globe de Strasbourg, a précisé à l’AFP que “c’est un (séisme) rare (…) un séisme important pour la région”, alertant sur la possibilité d’une forte réplique.

“On n’exclut pas qu’il y ait une secousse peut-être aussi forte que celle de ce matin, c’est rare mais on ne l’exclut pas, il faut qu’on soit prudent et vigilant”, a-t-il prévenu.

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