Suspense dans l’Iowa, premier Etat à voter aux primaires démocrates

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Après un an de campagne, le premier résultat des primaires présidentielles démocrates de 2020 approche: les électeurs de l’Iowa s’exprimeront lundi soir lors de “caucus” à suspense, les favoris espérant consolider leur position de meilleur rempart à Donald Trump, tandis que les petits candidats espèrent une surprise.

Le sénateur Bernie Sanders, battu de peu ici par Hillary Clinton il y a quatre ans, est en tête des sondages dans cet Etat et compte sur une victoire pour prendre l’ascendant sur Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama, qui domine, lui, la course au niveau national.

“Je pense que ce sera très serré”, a prévenu Joe Biden sur NBC.

Il passait la journée à rendre visite aux petites mains de sa campagne, apportant par exemple des pizzas dans un local à Des Moines, la capitale. “Cela va bien se passer”, a-t-il dit, accompagné de certaines de ses petites-filles.

Ce petit Etat rural, enneigé à cette période de l’année, lance la saison des primaires depuis les années 1970. Il est important parce qu’il est le premier: le nombre de délégués en jeu est négligeable, mais un bon résultat ou une contre-performance peut changer la dynamique d’une candidature.

Sur onze candidats encore en course pour l’investiture, les cinq mieux placés ici sont Bernie Sanders, Joe Biden, le jeune ex-maire Pete Buttigieg, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, et un peu plus loin dans les intentions de vote, mais très présente sur le terrain, la sénatrice modérée Amy Klobuchar.

Le vote de l’Iowa ne se fera pas par bulletins secrets, mais lors d’assemblées d’électeurs, appelées “caucus”, qui commenceront à 19H00 (01H00 GMT mardi). Dans environ 1.700 salles (écoles, gymnases…), souvent dans un certain tumulte, les électeurs se regrouperont physiquement sous la bannière du candidat de leur choix, et l’on comptera chaque groupe.

Complication qui rend les pronostics difficiles: les partisans de candidats qui n’obtiennent pas 15% au premier tour pourront rejoindre un autre candidat dans un second tour, ce qui génère toutes sortes de spéculations en coulisses.

Depuis des mois, candidats comme électeurs appellent avant tout à “battre Trump” le 3 novembre.

Le milliardaire est d’autant plus présent dans cette primaire que se profile son acquittement à Washington, lors du vote final de son procès en destitution mercredi au Sénat. Trois des candidats sont d’ailleurs également sénateurs et ont dû retourner à Washington lundi pour plusieurs heures.

Le président, qui passe lui aussi par des primaires pour la forme, n’hésite pas à commenter, souvent moqueur, l’état de la course entre ses rivaux potentiels.

“J’ai des petits surnoms pour chacun d’entre eux”, a ironisé Donald Trump dimanche sur la chaîne Fox News. Sanders? “Un communiste”. Biden? “Joe l’endormi”. Quant à Warren, elle ne “sait pas dire la vérité”.

– Qui va battre Trump? –

“Depuis un an, chacun d’entre nous tente de prouver qu’il est le plus apte à battre Donald Trump”, a dit Pete Buttigieg sur CNN lundi matin. “Cela nous oblige à démontrer qu’on est capable de mobiliser les gens, d’obtenir le soutien des électeurs. Ce processus commence ici dans l’Iowa”.

Bernie Sanders s’appuie sur les minorités et les jeunes, la génération “la plus progressiste de l’histoire de ce pays”, proclame-t-il.

“Sortez et frappez aux portes”, a-t-il exhorté, en sachant que les jeunes participent habituellement moins aux “caucus” que les électeurs plus âgés.

Ses partisans réfutent l’idée que son étiquette socialiste et sa promesse d’une “révolution politique” fassent obstacle à une victoire en novembre.

Que les candidats soient âgés, comme lui et Joe Biden (77 ans), ou nouveaux venus, comme Pete Buttigieg, 38 ans, leur message adressé à la base démocrate est qu’ils sont chacun le plus à même de priver le républicain d’un second mandat.

Joe Biden joue la carte de l’expérience et de la réconciliation nationale.

“Je suis le seul à avoir un large soutien parmi les +brown+ (Latinos, Indiens, Moyen-Orientaux, ndlr), les noirs, jeunes, vieux, femmes, hommes, classe ouvrière”, a-t-il dit sur NBC.

“Qui sera prêt dès le premier jour à décrocher son téléphone pour appeler n’importe quel dirigeant mondial?”, a demandé celui qui accompagna Barack Obama pendant huit ans à la Maison Blanche.

Comme Pete Buttigieg, le candidat Andrew Yang, un entrepreneur qui a surgi de nulle part dans cette campagne, courtise explicitement les électeurs républicains et notamment ceux qui ont voté Donald Trump en 2016.

Les autres candidats incluent le milliardaire écologiste Tom Steyer, et un autre milliardaire, l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, qui fait l’impasse sur l’Iowa et se concentre sur des Etats votant plus tard et qui rapportent beaucoup de délégués en vue de l’investiture.

Près de la moitié des électeurs se disaient encore indécis la semaine dernière. “La seule question que je me pose, c’est: qui va gagner” contre Trump, dit une électrice, Kim Robinson, 67 ans.

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