Syrie: l’EI lance de vaines contre-offensives, assurent les forces antijhadistes

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Les jihadistes retranchés dans le dernier réduit du groupe Etat islamique (EI) en Syrie ont lancé mercredi deux contre-offensives, mais les Forces démocratiques syriennes (FDS) assurent que la fin du “califat” reste proche au lendemain de la reddition de milliers de combattants de l’EI.

Les jihadistes jusqu’au-boutistes défendent becs et ongles leur ultime bastion dans le village de Baghouz, aux confins orientaux de la Syrie.

Quelque 3.000 combattants de l’organisation ultraradicale se sont rendus mardi, acculés par le déluge de feu qui s’abat quotidiennement sur leurs positions.

Mais les jihadistes “ont lancé deux contre-attaques aujourd’hui (mercredi), une le matin et une autre l’après-midi”, a indiqué à l’AFP un responsable des FDS sous le couvert de l’anonymat.

“La seconde était beaucoup plus intense” et a été lancée à la faveur des nuages de fumée provoqués par les bombardements contre la poche jihadiste, a-t-il précisé.

Selon le responsable, l’EI a recours aux kamikazes mais les FDS les interceptent avant qu’ils n’atteignent leur cible.

Les jihadistes “n’ont réalisé aucun progrès”, a-t-il fait valoir.

“Les derniers instants de l’EI ont commencé”, a réaffirmé Jiaker Amed, un responsable des FDS, dont les combattants kurdes et arabes sont soutenus par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

La première contre-offensive du matin a eu lieu alors qu’une tempête de sable soufflait sur le secteur.

Du “califat” autoproclamé en 2014 sur de larges pans de territoire à cheval entre la Syrie et l’Irak, il ne reste aujourd’hui aux jihadistes de l’EI qu’un tout petit secteur près de la frontière irakienne, où sont dressées des tentes.

Les FDS sont engagées depuis décembre dans une offensive décisive contre l’EI. La défaite des jihadistes signerait la fin territoriale du “califat” et revêt une importance symbolique.

Annoncée imminente depuis des semaines, la victoire a néanmoins été maintes fois retardée, la présence de très nombreux civils, en majorité des familles de jihadistes, ayant freiné l’offensive, relancée dimanche.

– Tempête de sable –

Depuis, les avions de la coalition ont intensifié durant trois nuits consécutives leurs bombardements sur la dernier carré jihadiste pour forcer les irréductibles du “califat” à capituler.

Au sol, les affrontements se sont poursuivis mercredi matin alors que les FDS s’attelaient, employant l’artillerie lourde, à contrer les attaques de l’EI, a indiqué un responsable des FDS.

Depuis une position des FDS dans Baghouz, des tirs d’artillerie se faisaient entendre, un nuage de fumée noire se dégageant à l’horizon, souvent suivis par des salves de tirs de mitrailleuses, a constaté une équipe de l’AFP sur place.

Sur un terrain vague au milieu des ruines, trois combattants des FDS s’activaient autour de mortiers.

“Aujourd’hui, la tempête de sable est à leur avantage, mais tous les jours à venir seront les nôtres”, a lancé Delil, un combattant des FDS.

“La dernière heure est maintenant plus proche que jamais”, a dit sur Twitter Mustefa Bali, un porte-parole des FDS.

Pour la coalition anti-EI, la victoire semble également imminente.

“Il n’y a pas de liberté de mouvement la nuit pour l’ennemi”, a affirmé son porte-parole à l’AFP, en allusion aux raids nocturnes. Les “capacités” de l’EI “sont gravement détruites”.

Selon les FDS, l’objectif est de “terroriser” jihadistes et civils pour les pousser à se rendre. Et cette tactique semble porter ses fruits.

Sur les plaines, à l’extérieur du village, plusieurs dizaines de personnes évacuées étaient assises mercredi à même le sol, formant de petits groupes, au milieu de champs parsemés de fleurs jaunes.

– “Financement urgent nécessaire” –

Près de 60.000 personnes ont déjà été évacuées de l’ultime poche jihadiste depuis décembre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

La plupart d’entre elles ont été transférées vers le camp de déplacés d’Al-Hol (nord-est), où se trouvent désormais plus de 66.000 personnes, selon le bureau de coordination humanitaire des Nations unies (Ocha).

Depuis décembre, environ 113 personnes –dont les deux tiers sont des enfants de moins de cinq ans– sont décédées en route vers le camp ou peu de temps après leur arrivée, d’après l’organisation onusienne.

“Un financement urgent est nécessaire et des lacunes subsistent au niveau de la livraison d’abris et d’eau (…) et des services de santé”, a déploré mardi auprès de l’AFP Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Si l’EI est sur le point de perdre son ultime ancrage territorial, le groupe a déjà entamé sa mue en organisation clandestine. Ses combattants sont disséminés dans le désert syrien et parviennent à mener des attentats meurtriers.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.