Télématin : Confidences glaçantes d’une chroniqueuse victime de harcèlement

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Les révélations de harcèlement continuent de pleuvoir à travers les médias. Après Clémentine Sarlat, c’est au tour d’Andréa Decaudin de prendre la parole. La journaliste qui a rejoint les équipes de Télématin en février dernier pour présenter une chronique 100% sport s’est exprimée le 19 avril 2020 sur Twitter pour lever le voile sur le harcèlement dont elle a été victime au cours de sa carrière. Freelance, elle est passée par de nombreuses rédactions avant de rejoindre les antennes de France 2. Et, en évoluant dans un milieu très masculin, la jeune femme n’a malheureusement pas échappé aux intimidations de ses collègues. Entre humiliations, remarques déplacées ou encore sexistes, Andréa Decaudin explique avoir “beaucoup souffert“. “Je me suis souvent demandé pourquoi. Tout ceci est derrière moi maintenant. Je ne souffre plus. Et c’est aussi, et sûrement, pourquoi je fais ça aujourd’hui”, écrit-elle.

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Sans révéler dans quelle rédaction elle avait subi ce calvaire, elle raconte : “Un jour que la technique avait bugué, impossible de faire mon JT en direct. Mon rédacteur en chef a donc lancé dans tout l’open space : ‘Bon, Andréa, tu nous sers plus à rien aujourd’hui. Va donc nous chercher des cafés !’“, relate-t-elle. Une “journée normale” pour la journaliste qui explique ensuite avoir été délibérément mise de côté par ses chefs pour qu’elle se “foire à l’antenne“. “Plus on vous dit que vous êtes une merde, plus on vous déstabilise et on vous éloigne du groupe, plus vous prenez le risque qu’effectivement ça se passe moins bien à l’antenne“. Sans parler du fait qu’elle soit une femme voulant s’imposer dans le milieu sportif. “On me le faisait payer au centuple. Être une femme, faire de l’antenne. Voler leur job à des mecs tellement plus compétents. Être là pour le quota de ‘jolies filles’.” Alors, lorsqu’il s’agissait d’évaluer son travail, Andréa Decaudin assure avoir été rabaissée très violemment. “Ce chef a déclaré que j’étais tout simplement nulle. (…) Il a dit que ‘je n’étais pas normale’, que ‘je n’avais pas le bon état d’esprit’. Comment surmonter de tels propos, affronter une journée de travail, d’antenne, de direct, dans de telles conditions ?“, s’interroge-t-elle, encore très marquée.

Certains ont reçu des avertissements

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de réagir, mais là encore, le système a négligé sa douleur. “J’ai signalé que des propos sexistes, dégradants ou humiliants étaient tenus de manière systématique dans la rédaction“, assure-t-elle faisant référence à ces individus qui lançaient, dès qu’une femme apparaissait à l’écran : “Ho, celle-là, je veux qu’elle me la s**e, cette chienne.” Ou encore à ce collègue qui faisait circuler des “images à caractère pornographique dans l’open space”. Le résultat de ses plaintes ? “Certains ont reçu des avertissements. Des messages de prévention ont été affichés.” Alors, pour survivre à ce milieu austère, Andréa Decaudin a même essayé de “rire à leurs blagues, surenchérir dans le trash pour ne plus être leur cible, répondre, ignorer… Rien ne marchait.” “Je me sentais impuissante“, déplore-t-elle. Elle décide donc de claquer la porte et en vient à remettre en question sa carrière de journaliste sportive. Heureusement, elle décide finalement de ne pas se laisser abattre et est très heureuse désormais de poursuivre sa passion au sein de la “rédaction bienveillante” qu’est Télématin.