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Troubles du sommeil : la mélatonine exposerait à de trop nombreux effets secondaires

Pure Santé

Troubles du sommeil : la mélatonine exposerait à de trop nombreux effets secondaires

Selon la revue mensuelle « Prescrire », la mélatonine prescrite aux insomniaques aurait finalement un faible impact sur le sommeil. Elle serait surtout responsable de nombreux effets secondaires.

« La mélatonine n’est pas un traitement de choix des troubles du sommeil, écrit Prescrire dans son n°421 de novembre 2018, relayée par Le Point. D’efficacité incertaine au-delà d’un effet placebo, elle expose à des effets indésirables, en particulier neuropsychiques, cutanés et digestifs. » La revue médicale indépendante met ainsi en garde sur l’efficacité de cette hormone utilisée par les insomniaques. En théorie et depuis février 2014, la mélatonine ne devait plus être délivrée qu’en pharmacie et sur prescription médicale, suite à un arrêté du ministère de la Santé qui la présentait comme « une substance potentiellement dangereuse pour la santé ».

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Pour être considérée comme un médicament, la dose de mélatonine nécessaire doit être de 2 mg par prise, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Elle est ainsi indiquée dans l’ « insomnie primaire des patients âgés de 55 ans ou plus ». Mais certains compléments alimentaires contenant une dose de 1,9, sont commercialisés pour « [contribuer] à réduire le temps d’endormissement » et sont disponibles sans ordonnance, alerte Prescrire.

À quoi sert la mélatonine ?

La mélatonine est une hormone sécrétée essentiellement par la glande pinéale. Chaque soir, un pic de mélatonine est responsable de l’endormissement. Au fil de la nuit, la quantité de l’hormone dans le sang diminue, pour faire place le matin à une autre hormone, le cortisol. En cas de manque de mélatonine (notamment l’hiver) le sommeil peut se voir altérer, d’où une prescription pour améliorer sa qualité. La mélatonine a également un rôle sur l’humeur, le système immunitaire, l’intestin, la peau, la régulation de la température corporelle… Des taux effondrés de mélatonine augmenteraient également le risque de cancers.

Des effets indésirables, neurologiques et psychiques

Si la mélatonine ne provoque pas d’accoutumance, de nombreux effets indésirables seraient liés à la consommation de compléments alimentaires en contenant. De 2009 à mai 2017, l’Anses aurait recueilli un total de 90 effets secondaires, explique le mensuel. Entre 1985 et 2016, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) aurait quant à elle enregistré plus de 200 effets indésirables liés à la prise de mélatonine. Au total, 43 % des effets étaient des troubles neurologiques (syncopes, somnolences, maux de tête, convulsions), 24 % des troubles psychiques (anxiété, troubles dépressifs), le reste des problèmes cutanés et des troubles digestifs. Des troubles du rythme cardiaque ont aussi été observés, mais ils ont régressé une fois la prise de l’hormone arrêtée.

Des problèmes d’hypertension artérielle, de maux de dos, de vertiges, de somnolence ou la baisse de l’acuité visuelle avaient déjà été signalés en 2014, si bien que le cabinet de la ministre de la Santé de l’époque avait affirmé avoir saisie la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) « pour que des contrôles soient effectués ».

Prescrire avertit également sur le risque d’interaction de la mélatonine avec de nombreux médicaments, car elle serait susceptible d’en diminuer l’efficacité. Enfin, ses auteurs expliquent que « des données anormales observées chez l’animal incitent à la plus grande prudence quant à l’utilisation de la mélatonine pendant la grossesse ». Si les études ont été réalisées avec des doses très élevées, ils précisent qu’« une éventuelle toxicité à long terme n’a quasiment pas été explorée ».

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