Trump à Calexico pour vanter sa fermeté face à Mexico

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Donald Trump se rend vendredi à Calexico, petite ville californienne aux portes du Mexique, après avoir un temps menacé de fermer la frontière au nom de la lutte contre l’immigration clandestine.

Au programme: table ronde sur “l’immigration et la sécurité aux frontières” et visite d’un “nouveau mur frontalier”.

Le président américain, qui est attendu en milieu de journée dans cette ville située à quelque 300 km au sud-est de Los Angeles, entend vanter sa fermeté face à son voisin du sud.

“Le Mexique, pour la première fois depuis des décennies, effectue des interpellations significatives à SA frontière sud, avant que les migrants n’entament leur long périple vers les Etats-Unis”, s’est-il félicité dans un tweet vendredi matin.

“Le Mexique se comporte de manière absolument fantastique depuis quatre jours. Ils arrêtent tout le monde”, a-t-il renchéri devant la presse peu avant de s’envoler pour la Californie.

Le président américain a toutefois de nouveau menacé d’imposer des tarifs douaniers sur les voitures importées du Mexique en cas d’inversement de la tendance.

“S’ils continuent (à interpeller les migrants, ndlr), tout se passera bien. Sinon, nous allons taxer leurs voitures à 25%”, a-t-il déclaré.

“Ce qui se passe à notre frontière sud est une honte”, avait-il lancé jeudi, reprenant un argument qu’il martèle sans relâche depuis le début de sa campagne en 2015.

Argument du locataire de la Maison Blanche: le Mexique doit se montrer intraitable à sa frontière pour éviter que les migrants originaires d’Amérique centrale –essentiellement du Honduras, du Guatemala et du Salvador– transitent sur son sol pour rejoindre les Etats-Unis.

“Ils ont les lois sur l’immigration les plus fermes qui soient. S’ils veulent le faire, ils le peuvent”, a-t-il expliqué.

C’est en s’appuyant sur ce point qu’il a fait un virage à 180 degrés, renonçant pour l’heure à sa menace de fermer purement et simplement la frontière.

Louant le “travail fantastique” effectué par le Mexique ces derniers jours, il y a vu la preuve que sa stratégie de mise en garde était payante.

– Le chaud et le froid –

Depuis plusieurs jours, il soufflait le chaud et le froid sur une éventuelle fermeture de la frontière. Mais cette hypothèse avait été vivement critiquée au sein même de son camp, tant son impact économique serait dévastateur.

“Fermer la frontière pourrait avoir un impact économique catastrophique sur notre pays et j’espère que nous n’allons pas le faire”, avait mis en garde en début de semaine le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Le président a encore agité la menace vendredi.

“Je pourrais la fermer à un moment donné, mais je préfère imposer des taxes”, a-t-il dit aux journalistes.

La frontière entre la première économie du monde et son troisième partenaire commercial est traversée dans les deux sens, tous les jours, par des centaines de milliers de personnes et par 1,7 milliard de dollars de produits agricoles, industriels et autres biens de consommation.

Depuis la mise en oeuvre d’un accord de libre-échange Etats-Unis-Mexique-Canada en 1994 (renégocié l’année dernière à la demande de Donald Trump), des pans entiers des économies de ces trois pays sont totalement imbriqués.

Le Mexique est la première source de produits agricoles importés aux Etats-Unis (2,7 millions de tonnes par an). Rares sont les supermarchés au nord de la frontière à ne pas vendre haricots, tomates et autres avocats pour le plus grand bonheur des consommateurs américains, qui peuvent ainsi ignorer les saisons au moment de remplir leur assiette.