Trump et Biden s’affrontent sur le Covid-19 et la corruption pour leur ultime débat

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Donald Trump et Joe Biden, plus posés que lors de leur premier débat, se sont affrontés au sujet de la gestion de la pandémie et ont échangé des accusations de corruption pour leur ultime duel télévisé à douze jours de la présidentielle américaine.

“Quelqu’un qui est responsable d’autant de morts ne devrait pas pouvoir rester président des Etats-Unis d’Amérique”, a lancé le candidat démocrate, en avance dans les sondages, en prédisant “un hiver sombre” pour le pays le plus endeuillé au monde, avec plus de 222.000 décès dus au coronavirus.

Le vieux routier de la politique a reproché au président républicain de ne “toujours pas avoir de plan” pour endiguer la pandémie. “Il n’y a pas un seul scientifique sérieux au monde qui pense que ça va disparaître bientôt”, a-t-il martelé, alors que le locataire de la Maison Blanche ne cesse d’assurer le contraire.

“Nous le combattons très fermement”, a répondu le tempétueux milliardaire, arrivé sans masque sur la scène de Nashville, dans le Tennessee, trois semaines après avoir été diagnostiqué positif au coronavirus.

Il a évoqué sa propre hospitalisation et guérison en assurant à nouveau être “immunisé”.

“Nous avons un vaccin qui arrive, il est prêt, il sera annoncé dans les prochaines semaines”, a-t-il encore assuré, portant sa célèbre cravate rouge, avant de se montrer plus évasif sur le calendrier.

Le ton beaucoup plus maîtrisé que lors de leur premier débat qui avait tourné au pugilat verbal, Donald Trump a accusé Joe Biden de vouloir “reconfiner” le pays, et a étrillé la gestion de certains gouverneurs démocrates, notamment à New York, premier épicentre de la maladie aux Etats-Unis.

– “Vous devez une explication” –

“Regardez New York, le ville se meurt, tout le monde quitte New York”, a-t-il martelé.

Les échanges, bien que vifs, étaient nettement plus audibles que la fois précédente, lorsque le démocrate de 77 ans avait traité le 45e président des Etats-Unis, 74 ans, de “menteur”, de “raciste” puis de “clown”. “Il n’y a rien d’intelligent en vous”, avait rétorqué l’ex-homme d’affaires.

Pour éviter la cacophonie, les organisateurs ont décidé cette fois de couper le micro d’un candidat pendant les deux premières minutes de prise de parole de l’autre pour chacune des questions, sur la pandémie, les questions raciales, le changement climatique ou encore la politique étrangère.

Donald Trump a, comme il l’avait annoncé, démandé à Joe Biden de “s’expliquer” sur des allégations de corruption au sujet des activités de son fils Hunter en Chine et en Ukraine, quand le candidat démocrate était vice-président de Barack Obama (2009-2017).

“Joe, je pense que vous devez une explication aux Américains”, a insisté le président-candidat qui a accentué ces derniers jours ses attaques personnelles sur l’intégrité de son adversaire, martelant, sans éléments concrets à l’appui, que la famille Biden est une “entreprise criminelle”.

“Vous étiez vice-président quand c’est arrivé, et ça n’aurait jamais dû arriver”, a ajouté l’ex-magnat de l’immobilier, qui avait invité dans le public un ex-associé de Hunter Biden, Tony Bobulinski, qui accuse le fils du candidat d’avoir utilisé son nom de famille pour gagner “des millions” à l’étranger, avec l’assentiment de son père.

– “Que cachez-vous” –

Evoquant cet invité, Donald Trump a jugé que son récit était “accablant”.

“Jamais de ma vie je n’ai pris un centime d’une source étrangère”, a protesté le démocrate, qui a jusqu’ici esquivé les questions sur ce sujet en se montrant ultra-protecteur de sa famille. “Ce n’est pas vrai, pas vrai”, a-t-il dit à plusieurs reprises.

Il a contre-attaqué en reprochant au président de n’avoir jamais accepté de publier ses déclarations d’impôts. “Que cachez-vous?”, a-t-il demandé.

Contrairement aux précédentes présidentielles, il n’y aura cette année que deux débats, le président sortant ayant refusé un duel virtuel le 15 octobre — un format proposé pour éviter les risques d’infection après son diagnostic positif au coronavirus.

Les équipes des candidats ont annoncé quelques heures avant le face-à-face de jeudi qu’ils avaient été testés négatifs au Covid-19, Donald Trump s’étant plié à l’exercice à bord de l’avion présidentiel Air Force One.

Les parois en Plexiglas qui avaient été installées sur la scène pour séparer les deux septuagénaires ont finalement été retirées.

Kyle Kondik, analyste politique de l’université de Virginie, estime que ce tête-à-tête était pour Donald Trump “l’une des dernières occasions de changer la trajectoire de la course”.

Pour Joe Biden, l’objectif était d’abord d’éviter tout faux pas “pour ne pas donner des munitions à l’équipe Trump”.

Fidèle à sa stratégie, centrée sur une omniprésence sur le terrain, le président américain a participé mercredi soir à un meeting de campagne en Caroline du Nord et retrouvera la Floride dès vendredi.

De son côté, Joe Biden est resté chez lui, dans le Delaware, depuis le début de la semaine, sans le moindre événement public. Après le débat, il reprendra sa campagne avec un discours dans sa ville de Wilmington vendredi et un déplacement dans l’Etat-clé de Pennsylvanie samedi.

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