Trump et Macron côte à côte jeudi pour célébrer le 6 juin 1944

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Vitrines aux couleurs des Alliés et véhicules militaires sur les routes normandes: la France s’apprête à commémorer jeudi le débarquement du 6 juin 1944, en présence de Donald Trump, d’Emmanuel Macron et de quelque 500 vétérans souvent centenaires, mais sur fond de tensions entre Européens et Américains.

Ce 75e anniversaire du D-Day “est un moment solennel (qui) en même temps doit rester festif et joyeux”, a résumé le préfet du Calvados Laurent Fiscus.

Le coup d’envoi des célébrations sera donné la veille en Angleterre, à Portsmouth où une cérémonie internationale réunira la reine Elizabeth II, la Première ministre Theresa May, Emmanuel Macron, Donald Trump. La chancelière allemande Angela Merkel est également invitée.

Les chefs d’Etat ou de gouvernement assisteront à l’embarquement de 300 vétérans britanniques qui rejoindront la France en bateau.

Jeudi matin, Emmanuel Macron retrouvera Theresa May et des vétérans britanniques pour la pose de la première pierre d’un mémorial britannique à Ver-sur-mer (Calvados). Ce sera le dernier rendez-vous officiel de Mme May avant sa démission vendredi.

La cérémonie phare de ce 75e anniversaire aura lieu jeudi à 11H00 et sera coprésidée par Donald Trump et Emmanuel Macron au cimetière américain de Colleville-sur-mer (Calvados). Près de 12.000 personnes, dont 160 vétérans de la Seconde guerre mondiale (45 du Jour J) sont attendues parmi les 9.387 croix blanches surplombant Omaha Beach.

L’ampleur de la cérémonie est inédite à Colleville, assure la préfecture. Elle durera environ 75 minutes, selon les autorités américaines. Un défilé aérien est annoncé.

Dans un contexte de tensions commerciales et diplomatiques entre l’Europe et Washington, les deux chefs d’Etat se retrouveront ensuite à 13h30 pour un entretien puis un déjeuner à la préfecture à Caen.

– Tête à tête –

Selon l’Elysée, Emmanuel Macron et Donald Trump aborderont les questions de sécurité, de lutte anti-terrorisme, la crise au Moyen-Orient, l’Iran, des sujets de politiques commerciales et la préparation du prochain G7.

Le 13 novembre, à peine rentré de Paris, où il avait célébré la paix avec d’autres dirigeants du monde, Donald Trump s’était vivement attaqué à son homologue français, raillant sa “très faible cote de popularité”. Les Français “commençaient à apprendre l’allemand à Paris avant que les Etats-Unis n’arrivent”, avait ajouté le président américain, en référence à l’occupation par l’Allemagne nazie à partir de 1940 jusqu’à la Libération par les Alliés.

L’entourage d’Emmanuel Macron a toutefois assuré la semaine dernière que le niveau de “confiance” était “au plus haut niveau” avec Washington.

A l’occasion de cet anniversaire, le chef de l’Etat français multipliera les hommages : mercredi soir à la résistance normande, jeudi à deux vétérans français Léon Gautier et Jacques Lewis.

Il présidera aussi à 16h30 à Colleville-Montgomery (Calvados) une cérémonie en l’honneur des 177 Français du commando Kieffer qui ont débarqué le 6 juin 1944.

De son côté, le Premier ministre Edouard Philippe présidera en fin de journée une cérémonie à Courseulles-sur-mer (Calvados), en présence de plusieurs têtes couronnées européennes.

La FSU, la CGT et la France insoumise ont appelé à manifester jeudi à 17h30 à Caen contre la venue de Donald Trump, qui incarne, selon leur appel, “le racisme, le sexisme et le climato-négationnisme”.

Au total plus de 280 événements ont été labellisés pour ce 75e anniversaire du débarquement, avec de nombreux bals populaires, feux d’artifices et sauts de parachutistes. De 5 à 6 millions de touristes sont attendus en 2019 sur les sites de la bataille de Normandie. Des milliers de collectionneurs de matériel militaire sillonnaient déjà lundi les routes proches d’Utah et Omaha Beach.

Etape clé de la libération de l’Europe du joug nazi, le débarquement du 6 juin 1944 est le plus important de l’histoire par le nombre de navires engagés: 6.939 navires ont débarqué 132.700 hommes sur les plages de Normandie.

Près de 3.000 civils normands ont perdu la vie les 6 et 7 juin, soit presque autant que de militaires alliés le Jour J.