Trump le tribun défie la pandémie pour renouer avec les foules à Tulsa

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Assailli de critiques et en baisse dans les sondages, Donald Trump avait pris le pari risqué de défier le coronavirus pour se relancer, en organisant samedi son premier meeting de campagne à l’ère de la pandémie: six membres de l’organisation viennent d’être testés positifs et placés en quarantaine.

“Aucun des employés positifs au Covid ni personne ayant été en contact direct ne sera présent au meeting ou aux côtés de participants ou d’élus” samedi soir à Tulsa (Oklahoma), où quelque 20.000 personnes sont attendues, a assuré à l’AFP l’équipe de campagne de réélection de Donald Trump.

Son chef de la communication, Tim Murtaugh, a souligné que la température de tous les membres du public était prise à l’entrée du site, et que masques et gel désinfectant étaient proposés à chacun.

Les spectateurs ne seront toutefois pas contraints de les utiliser. Or les partisans du président républicain sont notoirement rétifs au port du masque, devenu une sorte de marqueur politique aux Etats-Unis.

A l’instar de leur idole, presque aucun des partisans qui se pressaient samedi matin dans le centre de Tulsa pour accéder au lieu du meeting ne portaient de masque et peu semblaient se soucier de garder leurs distances.

En revanche, les participants devront signer un document par lequel ils renoncent à toute poursuite légale si jamais ils contractent le virus à cette occasion.

– “Propager le virus” ? –

Le premier meeting du président républicain depuis le coup d’arrêt de sa campagne sur le terrain, sonné par la pandémie de Covid-19 début mars, a suscité une vive polémique, beaucoup s’inquiétant des conséquences sanitaires d’une telle foule venue de tous les Etats-Unis.

Jusqu’à présent relativement épargné, l’Oklahoma connaît en ce moment une forte poussée des cas détectés.

“Trump est prêt à propager le virus juste pour entendre quelques acclamations”, s’est indigné le sénateur Bernie Sanders, ex-candidat à la présidentielle et désormais soutien de Joe Biden.

Malgré sa campagne mise en sourdine par le confinement, l’ancien vice-président de Barack Obama, 77 ans, a récemment pris le large dans les sondages devant Donald Trump, 74 ans.

Entre “Trumpistes” et manifestants antiracisme, les autorités locales avaient dit attendre jusqu’à 100.000 personnes à Tulsa, dans cet Etat conservateur du sud des Etats-Unis tout acquis à sa cause.

Témoin des inquiétudes qui pèsent sur la ville, un imposant déploiement de force autour du BOK Center où le meeting doit débuter dans la soirée, avec patrouilles de police omniprésentes et rues barrées par des soldats de la Garde nationale en armes appelés en renfort.

Tout était calme cependant, et aucun incident ou manifestation n’avait été signalé samedi après-midi.

– “Foutaises !” –

Donald Trump a affirmé qu’un million de personnes ont réclamé des billets et a prévu de s’adresser en dehors de la salle aux malchanceux qui n’y auraient pas accès. Mais si la foule continuait de grossir dans l’après-midi, aucun signe d’afflux massif n’était visible en ville.

“Nous sommes là pour montrer que nous soutenons le président Trump et que nous, le peuple, allons remporter l’élection de 2020, peu importe ce que disent les médias +fake news+ et autres multinationales libérales, gauchistes et qui cherchent à contrôler nos esprits”, lance Brad, un costaud qui comme beaucoup d’autres porte T-shirt et casquette à l’effigie de son idole.

Et la crainte du Covid-19 ? “Foutaises! Ils mentent au sujet des chiffres”, lâche-t-il.

Autre sujet majeur de controverse, le choix de Donald Trump d’organiser son grand retour autour des commémorations de la fin de l’esclavage, et dans une ville encore marquée par un des pires massacres raciaux de l’histoire américaine, le meurtre de quelque 300 Afro-Américains par une foule blanche, en 1921.

Une “vraie gifle”, selon le responsable local du mouvement “Black Lives Matter”, qui organise un rassemblement en amont du meeting dans un parc de la ville.

Un autre rassemblement de protestation est prévu en fin d’après-midi, loin du lieu du meeting.

En plein mouvement historique de colère contre le racisme et les violences policières, Donald Trump avait initialement choisi d’organiser son meeting le 19 juin ou “Juneteenth”, date commémorant l’émancipation des derniers esclaves aux Etats-Unis.

Devant le scandale, il l’a reporté au lendemain, sans pour autant faire taire les critiques qui l’accusent de propager des thèses racistes.

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