Trump soutient Roy Moore mais ne fera pas campagne pour lui

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Le président américain Donald Trump soutient le candidat au Sénat Roy Moore, accusé d’attouchements, mais ne fera pas campagne pour lui, a annoncé lundi la Maison Blanche dans un contexte de réforme au Congrès contre le harcèlement sexuel.

“Le président ne prévoit pas de déplacement dans l’Alabama à ce stade”, a déclaré la porte-parole Sarah Sanders.

Le milliardaire a donc choisi une voie médiane pour l’élection sénatoriale partielle du 12 décembre dans l’Alabama. Le candidat républicain officiel, l’ancien magistrat ultra-conservateur Roy Moore, a été lâché par son parti mais refuse de se désister, et Donald Trump a clairement dit que l’élection d’un républicain était préférable à la perte d’un précieux siège pour la majorité du Sénat, actuellement de 52 membres sur 100.

Roy Moore est accusé d’attouchements et de comportement déplacé avec des mineures à partir de la fin des années 1970 dans l’Alabama, alors qu’il était trentenaire. Il ne conteste pas avoir fréquenté des adolescentes mais nie toute agression sexuelle.

Les sénateurs de la majorité, dont plusieurs joueront leur siège aux législatives de novembre 2018, craignent de s’associer au personnage et ont pris leurs distances – beaucoup disant en substance qu’ils préféreraient perdre le siège républicain que de voir Roy Moore rejoindre leurs rangs.

“Je veux être du bon côté de l’histoire dans cette affaire”, a déclaré le sénateur Tim Scott sur ABC.

Ivanka Trump, la fille du président, a elle-même déclaré que “les prédateurs d’enfants ont leur place réservée en enfer”.

Le locataire de la Maison Blanche voit les choses à plus court-terme: il a besoin du plus de sénateurs républicains possibles pour faire adopter sa réforme de la fiscalité. Pour lui, pas question de descendre à 51 sièges sur 100.

Dans les sondages, le démocrate, Doug Jones, est remonté et l’issue de la course est devenue incertaine. Une large partie des électeurs conservateurs restent fidèles à l’ancien magistrat, héraut de la droite religieuse.

– Harcèlement au Congrès –

Au-delà de Roy Moore, plusieurs parlementaires en exercice ont été accusés de harcèlement, et le Congrès entend agir vite.

Les élus sont revenus lundi après leurs congés de Thanksgiving et voteront mercredi, à la Chambre des représentants, pour rendre obligatoire une formation anti-harcèlement sexuel pour tous les élus et leurs collaborateurs.

Un sénateur démocrate, Al Franken, fait l’objet d’une enquête de la commission éthique du Sénat pour des gestes déplacés et un baiser forcé, pour lesquels il a présenté ses excuses. Dès son retour à Washington lundi, il a convoqué une conférence de presse pour un nouvel acte de contrition.

“Je sais que j’ai déçu beaucoup de monde”, a-t-il déclaré. “Je sais qu’il n’existe pas de mot magique pour regagner votre confiance, et que cela prendra du temps”.

“J’ai honte”, a-t-il poursuivi.

Les allégations contre lui ne sont pas les plus graves; la femme qu’il a embrassée de force en 2006, Leeann Tweeden, a accepté ses excuses.

Les faits reprochés au doyen démocrate de la Chambre, John Conyers, 88 ans, sont plus lourds: le harcèlement sexuel de collaboratrices pendant des années. L’une d’elles a signé un règlement à l’amiable en 2015 et obtenu des indemnités. Mais l’élu, héros de la lutte pour les droits civiques des Noirs, dément les accusations et refuse de démissionner, plaçant en difficulté tout le parti démocrate.

– Manque de transparence –

Plusieurs membres du Congrès, emmenés par la démocrate Jackie Speier, veulent aller plus loin que la seule sensibilisation au harcèlement et réformer une loi de 1995 sur la façon dont les victimes, à l’intérieur du Congrès, peuvent rapporter des faits de harcèlement et obtenir réparation.

Cette loi avait été adoptée en moins de deux semaines en janvier 1995, à une voix de l’unanimité. Mais l’époque a changé et les procédures établies à l’époque sont aujourd’hui dénoncées comme obsolètes et trop en défaveur des plaignants.

“Le système mis en place en 1995 protégeait le harceleur”, a dit Jackie Speier sur la chaîne ABC dimanche. “Une victime m’a dit que le processus était presque pire que le harcèlement lui-même”.

Les nouvelles règles proposées permettraient d’accélérer la procédure interne après une plainte, et de rendre publique la liste et le montant des règlements de plaintes.

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