Tunisie : heurts avec la police après l’immolation par le feu d’un journaliste

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Huit années après le début de la révolution tunisienne, la ville tunisienne de Kasserine a vu un homme s’immoler par le feu pour protester contre la pauvreté endémique dans cette région. Des heurts ont éclaté avec la police lors de son enterrement.

Des heurts ont éclaté entre la police et des manifestants rassemblés lundi à Kasserine après l’immolation par le feu d’un journaliste qui voulait dénoncer par cet acte les conditions de vie difficiles dans cette région du centre-ouest de la Tunisie, l’une des plus pauvres du pays. “Pour les fils de Kasserine qui n’ont pas de moyens de subsistance, aujourd’hui, je vais commencer une révolution, je vais m’immoler par le feu”, avait déclaré le journaliste dans une vidéo qu’il a publiée avant sa mort.

Dans la nuit de lundi à mardi, des dizaines de manifestants ont brûlé des pneus et bloqué la rue principale du centre-ville de Kasserine (270 km de Tunis), a indiqué un correspondant de l’AFP, précisant que la police avait répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes.

Mardi, de nouveaux heurts ont éclaté peu après l’enterrement du journaliste Abdel Razzaq Zorgui, 32 ans, Les forces de l’ordre tunisiennes ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des dizaines de manifestants et des affrontements ont éclaté devant le siège du gouvernorat (préfecture) de Kasserine où avait été déployé un important dispositif de sécurité, selon le correspondant de l’AFP.  Aucun bilan n’est disponible dans l’immédiat.

Ce drame a suscité la colère des habitants de cette ville défavorisée et dans la nuit de lundi à mardi, des dizaines d’entre eux ont brûlé des pneus et bloqué la rue principale du centre-ville, la police répliquant par des tirs de gaz lacrymogènes, selon le correspondant de l’AFP.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Sofiane al-Zaq, a déclaré que six membres des forces de sécurité avaient été légèrement blessés lors des affrontements et neuf personnes arrêtées lundi soir.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a affirmé lundi dans un communiqué que l’acte du journaliste reporter d’images visait à protester contre “des conditions sociales difficiles, un horizon fermé et le manque d’espoir” qui frappent cette région.

Kasserine est l’une des premières villes où avaient éclaté fin 2010 la révolution tunisienne, marquée par des manifestations pour protester contre la pauvreté et la marginalisation. La police avait alors tué des manifestants. Provoquées par l’immolation par le feu en décembre 2010 d’un jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid (centre-ouest), excédé par la pauvreté et les humiliations policières, les manifestations s’étaient ensuite propagées à travers tout le pays, et avaient conduit au renversement du régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.

Malgré les progrès de la transition démocratique et un récent retour de la croissance économique après des années de stagnation, les autorités tunisiennes peinent toujours à répondre aux aspirations sociales des Tunisiens. Inflation et chômage alimentent les troubles sociaux. Des émeutes avaient éclaté en janvier dernier dans de nombreuses villes du pays.

Avec AFP