Un chauffeur de tuk-tuk égyptien est devenu le symbole de la colère sociale

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En Egypte, cette vidéo a provoqué un raz-de-marée virtuel. Elle montre la colère d’un chauffeur de tuk-tuk contre son gouvernement . Massivement reprise par les Égyptiens sur Facebook, elle a même titillé la classe politique locale…

Il est devenu (peut-être bien malgré lui) le symbole de la crise sociale et économique en Egypte. Mostafa, un chauffeur de tuk-tuk, a été interviewé dans le cadre d’une émission de télé populaire.  Menée par le journaliste Amr Al-Leissy, cette interview a été diffusée le 12 octobre lors de l’émission “Wahed Min Al-Nass” (“Quelqu’un du peuple”) de la chaîne privée Al-Hayah.

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Mostafa dans son tuk-tuk – Capture d’image Facebook

Vue près de 6 millions de fois sur la page Facebook de la chaîne , cette vidéo a provoqué un véritable raz-de-marée virtuel à coups de partages massifs et de commentaires.

“On regarde la télévision, on voit que l’Egypte ressemble à Vienne. On descend dans la rue, on découvre que c’est la cousine de la Somalie!”, s’indigne Mostafa, avec une éloquence et un sens de la formule qui ne laissent pas indifférent.

“Un pays avec un Parlement, une armée, des services de renseignements intérieur et extérieur, vingt ministères: comment sa situation peut-elle être celle-là?”, lance-t-il.

L’homme qui se qualifie ironiquement de “diplômé en tuk-tuk”, ces taxis motorisés à trois roues qui sillonnent les rues du Caire, a séduit la population. Il a su traduire tous les maux de sa société égyptienne avec des mots simples mais puissants.

Mostafa résume en trois minutes l’ampleur de la crise que traverse son pays.  Il a notamment évoqué l’inflation des prix, de l’état de délabrement de certains quartiers et la dégradation des services publics. “Les trois choses les plus importantes pour qu’un pays se développe sont l’éducation, la santé et l’agriculture. Si le citoyen avait accès à ces choses-là, seul Dieu pourrait surpasser ce pays!” indique-il.

Pour soutenir Mostafa, un hashtag (en arabe) a été lancé par les internautes locaux : #Jesuisdiplôméentuk-tuk. Et cet élan de solidarité et d’indignation ne séduit pas le pouvoir en place.

L’inquiétude autour du sort de l’homme grandit. Certains affirment qu’il se cache par peur de représailles des autorités, d’autres qu’il a été arrêté puis relâché, souligne France Inter.

Quant au journaliste qui a fait l’interview, il a été prié de prendre des vacances et sa page Facebook a été supprimée. Bonjour la censure !

Et ce n’est pas fini ; Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a fait allusion à Mostafa lors d’une conférence de presse. “Les réseaux sociaux peuvent être instrumentalisés par des agents étrangers pour détruire de l’intérieur des Etats”, a-t-il fait savoir.

Pour le pouvoir en place, la thèse du complot est bonne à prendre pour justifier la colère du peuple…

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