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Un “détecteur de mensonges” bientôt testé dans des aéroports européens

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Un “détecteur de mensonges” bientôt testé dans des aéroports européens

Une technologie censée détecter si des voyageurs mentent ou non au contrôle aux frontières sera bientôt testée dans plusieurs aéroports européens.

Un système de détection de mensonges sera bientôt testé dans plusieurs aéroports européens, a annoncé la Commission européenne dans un communiqué publié fin octobre. Le dispositif, nommé iBorderCtrl et fondé par l’Union européenne, sera d’abord expérimenté en Hongrie, Grèce et Lettonie, aux frontières de l’espace commun.

Le dispositif concernera les voyageurs souhaitant entrer dans l’Union européenne, précise CNN. Ceux-ci devront préalablement télécharger des photos de leur passeport, de leur visa et de leur preuve de fonds suffisants, puis répondre à un “agent de contrôle” artificiel via une webcam, explique la Commission européenne.

La détection de “micro-gestes”

C’est là que la “détection de mensonges” entre en scène. La personne doit répondre à des questions simples (nom, date de naissance, raison du voyage, etc), “adaptées en fonction de son ethnie, son genre et de sa langue” et le système est censé détecter lorsqu’elle ment, notamment grâce à des “micro-expressions”.

Dans une vidéo, le Dr Keeley Crocket, à l’origine du système, explique que ces “micro-gestes” analysés ne sont pas “des sourires, ou un froncement de sourcils”, mais plutôt, par exemple, “un oeil qui va vers la gauche ou la droite”.

Les voyageurs qui, selon la machine, ne présentent pas ou peu de risques, seront dirigés vers une phase de validation humaine rapide, tandis que ceux au comportement jugé suspicieux subiront un contrôle plus approfondi par les agents aux frontières.

Le communiqué précise qu’ensuite, les documents du voyageurs seront à nouveau étudiés, ses empreintes digitales relevées, ses veines de main scannées et il sera vérifié que son visage correspond à la photographie prise en amont.

Une technologie testée sur 32 personnes

Afin de justifier la mise en place de ce “détecteur de mensonges”, l’Union européenne met en avant des contrôles aux frontières “plus rapides”, “plus efficaces” et “plus sécurisés”, pour “faciliter le travail des gardes aux frontières pour repérer les immigrants illégaux et donc contribuer à la prévention des crimes et du terrorisme”.

La technologie n’a pour le moment été testée que sur 32 personnes, précise CNN, et grâce à d’autres tests et une utilisation en conditions réelles, les scientifiques espèrent un taux de succès de 85% – contre environ 75% actuellement, souligne le site spécialisé The Verge.

La chaîne américaine rappelle notamment qu’une étude du MIT a notamment révélé que les algorithmes de reconnaissance faciale ont des taux d’erreur plus élevés avec les femmes et personnes de couleur. Ainsi, avec un outil d’IBM, le taux de réussite de reconnaissance d’une femme noire n’était que de 65,3%, contre 99,7% pour un homme blanc.

“Des milliers de personnes devront prouver qu’elles sont honnêtes”

“Les détecteurs de mensonge traditionnels ont montré par le passé qu’ils sont capables d’accuser des personnes innocentes. Il n’y a aucune preuve que l’intelligence artificielle va améliorer ça – particulièrement un outil qui a été testé sur 32 personnes”, critique auprès de CNN Frederike Kaltheuner, de l’ONG de protection de la vie privée et des données Privacy International.

“Même des marges d’erreur qui semblent fines signifient que des milliers de personnes devront désormais prouver qu’elles sont honnêtes, juste parce qu’un logiciel les accuse de menteuses”, fait-elle valoir.

Seuls les passagers qui auront préalablement donné leur accord à l’aéroport passeront par le détecteur de mensonges, rapporte CNN.

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