Un détenu “radicalisé” poignarde grièvement deux surveillants à la prison d’Alençon

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Un détenu “radicalisé” a poignardé deux surveillants mardi matin, les blessant grièvement avant de se retrancher avec sa compagne au sein de l’unité familiale de la prison ultrasécurisée d’Alençon, une attaque dont le parquet antiterroriste de Paris s’est immédiatement saisi.

Les équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) de Rennes et le RAID, unité d’élite de la police nationale, ont été dépêchés sur place.

La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête et le procureur de la République de Paris Rémy Heitz a annoncé son arrivée.

Les faits se sont déroulés mardi, vers 09H45, quand le détenu Michaël C. a attaqué les deux surveillants à l’aide d’un couteau en céramique, selon la direction de l’administration pénitentiaire.

Les surveillants ont été grièvement blessés au visage et au thorax, selon une source policière. Âgés d’une trentaine d’années, ils ont été hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger, a précisé Alassanne Sall, délégué FO de la prison, dénonçant une “attaque terroriste”, le détenu “radicalisé” ayant dit “Allah Akbar” en agressant les surveillants.

Le surveillant le plus grièvement blessé, “éventré”, “est au bloc pour une intervention chirurgicale après un scanner”, selon le syndicaliste. L’autre surveillant a été touché à la mâchoire, au visage et dans le dos, selon la même source.

Le détenu de 27 ans, qui purgeait une peine de 30 ans, est considéré comme “radicalisé en prison”, selon une source policière. Il n’était cependant pas détenu dans le quartier pour radicalisés ouvert dans cette prison en septembre, d’après FO.

– “Du sang partout” –

“C’est vraiment une tentative d’assassinat. Il y avait du sang partout. L’unité de vie familiale était un champ de bataille. Un des surveillants a perdu connaissance à un moment”, a ajouté M. Sall.

Le détenu s’est retranché dans l’unité “avec son épouse”, selon un communiqué du ministère de la justice diffusé à la mi-journée. “L’ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité) de Rennes est en route vers la maison centrale; les forces de sécurité intérieure sont également mobilisées”, selon le communiqué.

Converti à l’islam en 2010, l’homme de 27 ans purge une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour arrestation, enlèvement, séquestration suivie de mort et vol avec arme, et d’un an d’emprisonnement pour apologie publique d’acte de terrorisme. Il est libérable en 2038.

Avec un complice, ils avaient été condamnés en décembre 2015 en appel à Nancy pour avoir étouffé un homme de 89 ans, après l’avoir séquestré et “momifié” à son domicile près de Metz en 2012. Originaires de Saint-Avold (Moselle), les deux hommes s’étaient rendus le 17 avril 2012 au domicile de Roger Tarall, 89 ans, à Montigny-lès-Metz, pour le cambrioler. Sur son lit, le vieil homme avait été ligoté et bâillonné, son visage emballé dans des bandes médicales, tandis que les voleurs procédaient à la fouille de son appartement.

Le corps de la victime, morte par asphyxie, avait été découvert le lendemain sur son lit.

En novembre 2015, alors qu’il était déjà incarcéré à Mulhouse dans l’attente de son jugement en appel, Michaël C. avait été condamné à un an de prison ferme pour avoir demandé à ses codétenus de “rejouer” l’attaque du Bataclan dans la cour de la maison d’arrêt. “Après Paris, j’aurais continué en province”, aurait dit le jeune homme à un codétenu, selon des propos rapportés par les surveillants de la maison d’arrêt.

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