Une BD raconte le calvaire d’un rescapé du Bataclan

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Le 13 novembre 2015, un graphiste de 50 ans, Fred Dewilde, a été parmi les personnes piégées lors de l’attentat contre le Bataclan. Aujourd’hui, il raconte son calvaire dans Mon Bataclan, une bande dessinée à paraître vendredi en France, Suisse et Belgique.

Fred Dewilde se trouvait dans la salle de concert parisienne et a vécu l’effroyable expérience de l’attentat qui a secoué et ému le monde entier.  90 spectateurs avaient été tués par 3 terroristes.

Le dessin est en noir et blanc. Les trois djihadistes, représentés sous forme de squelettes, ont le visage blême de la mort. Quand ils commencent à tirer, « nous ne sommes plus qu’une masse grouillante de vivants, de blessés, de morts, une masse de peur, hurlante de terreur », se souvient Fred. Il se retrouve allongé près d’un mort. « Je prends la mesure de ce qu’on est en train de vivre. Je suis encore vivant… Un vivant chez les morts ».

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Mon Bataclan”.DR Lemieux Editeurs – L’express

Sur sa gauche gît une jeune femme, Elisa. Blessée, mais vivante. « Elle pourrait être ma fille », se dit Fred. À voix basse, ces deux-là qui ne se connaissaient pas tentent de se réconforter. « On se détache de cette horreur, on se crée une bulle d’humanité ». Ils savent qu’au moindre cri les assassins tireront sur eux. Chacun tient pour que l’autre puisse tenir.

Leur calvaire durera 2 heures jusqu’à l’arrivée de la police. Fred est vivant, mais détruit. « Je connais l’odeur, le goût de l’atrocité, de l’incompréhensible ».

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“Mon Bataclan”.DR Lemieux Editeurs – L’express

La deuxième partie de l’album, assorti de 22 pages de témoignage, s’intitule « vivre encore » et on s’aperçoit que cela ne va pas de soi. « Est-ce vraiment utile de se laver aujourd’hui ? Manger ? Pas faim !». Il faut vivre avec la peur du bruit, la peur tout court. Fred raconte être devenu « incapable » de rester concentré plus de quelques minutes.

Dans "Mon Bataclan", Fred Dewilde fait le récit en BD de sa nuit d'horreur, le 13 novembre 2015.DR Lemieux Editeurs
“Mon Bataclan”.DR Lemieux Editeurs

L’album Mon Bataclan l’a aidé à refaire surface. « Comme par hasard, j’ai fini les dessins le vendredi 13 mai. 6 mois après, jour pour jour ».

 tandis que deux autres commandos semaient la mort ailleurs dans Paris et ses environs. Au total, 130 personnes avaient été tuées en quelques heures, dans les pires attentats jamais commis en France.

Fred Dewilde affirme qu’il n’a « pas réussi à haïr » après le Bataclan. Il ne faut « pas tomber dans la peur du foulard, du basané, de l’autre ». « L’ennemi n’a pas de couleur, pas de confession. L’ennemi c’est le fanatisme, c’est la peur, c’est la folie qui conduit à la guerre ».

Avec AFP

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