Une indépendantiste catalane menacée d’extradition se rend à la justice britannique

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L’indépendantiste catalane Clara Ponsati, recherchée par la justice espagnole pour son implication dans l’organisation du référendum d’indépendance en 2017, s’est rendue jeudi à la justice britannique.

Cette professeur d’économie de 62 ans s’est présentée vers 11H10 (locales et GMT) à un commissariat de police d’Edimbourg, devant lequel s’était réuni un petit groupe de manifestants munis de drapeaux indépendantistes catalans et écossais et jouant l’hymne catalan à la cornemuse.

Elle devait être transférée devant un tribunal où sera examinée dans la journée une demande de remise en liberté sous caution.

Clara Ponsati, ancienne ministre de l’Education du gouvernement catalan, est aujourd’hui professeure d’économie à l’université écossaise de St Andrews. Elle est accusée de “sédition” par l’Espagne après avoir pris part à la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne.

“La sédition est une charge digne du XVIe siècle”, a dénoncé son avocat Aamer Anwar lorsque sa cliente s’est rendue à la justice britannique, “nous allons évidemment nous battre contre ça”.

Dans un communiqué, Mme Ponsati explique “récuser totalement” l’accusation pour laquelle elle risque en Espagne jusqu’à 15 ans de prison.

“Ce mandat d’arrêt est un nouvel exemple de vengeance sous couvert de justice”, a dénoncé M. Anwar dans ce même communiqué, qui craint un “simulacre de procès”, “Nous avons l’intention de plaider le fait que rien ne lui garantit un procès équitable en Espagne, alors que la plupart des (ex-)membres du gouvernement catalan sont soit emprisonnés soit en exil”.

Mi-octobre, la Cour suprême espagnole avait condamné neuf dirigeants indépendantistes à des peines allant de 9 à 13 ans de prison, dont l’ancienne présidente du parlement régional Carme Forcadell, pour tentative de sécession.

Peu après, l’Espagne avait alors émis trois mandats d’arrêts européens, contre Mme Ponsati et deux autres dirigeants qui se sont réfugiés en Belgique. Toni Comín et Lluís Puig ont depuis été relâchés, le temps de l’examen de leur dossier.

L’Espagne demande aussi à la Belgique l’extradition de l’ancien président catalan Carles Puigdemont, dont le sort doit être examiné lors d’une audience le 16 décembre.

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