Virus: l’Allemagne porte à son tour le masque

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Bon gré, mal gré, les Allemands se conforment au port du masque devenu obligatoire lundi dans les transports en commun et presque partout dans les magasins pour lutter contre le coronavirus.

“Ca tient chaud, ça glisse, on respire mal”, se plaint Emil, la vingtaine, qui attend son train de banlieue sur le quai d’une gare berlinoise.

“Mais si c’est pour éviter les infections, ça me va”, ajoute-t-il aussitôt.

En cette journée ensoleillée, les passagers sans masque – ou à défaut foulard -, sur le visage sont l’exception, constatent des journalistes de l’AFP.

De jeunes enfants, de quatre ou cinq ans, ont eux aussi le nez et la bouche protégés par des petits rectangles de tissus.

Les masques sont devenus obligatoires dans les transports en commun de la capitale allemande, mais pas encore dans les magasins, contrairement aux autres régions du pays.

Si les Berlinois doivent se débrouiller seuls pour s’en procurer, certains Länder, comme la Saxe, en ont distribués gratuitement aux habitants.

A Francfort lundi, une distribution de quelque 10.000 masques aux passagers des bus et métros s’est déroulée à plusieurs endroits dans la ville.

Les règles sont très diverses en matière de sanctions: si la Bavière a prévu une amende de 150 euros pour les contrevenants, à Berlin, ces derniers ne risquent rien.

– “Nous protéger les uns les autres” –

Le port d’un masque doit aider à contenir la propagation du nouveau coronavirus, alors que des mesures d’assouplissement du confinement, comme la réouverture progressive des écoles et de certains magasins d’une surface inférieure à 800 m², sont mises en oeuvre.

“Je suis dans le domaine de la santé, et je pense qu’on aurait dû mettre ça en place depuis longtemps pour nous protéger les uns des autres”, pointe Claudia, une passagère d’une cinquantaine d’année, derrière son masque fait maison.

Si l’Allemagne s’en sort relativement mieux que ses voisins comme la France ou la Belgique, dans la lutte contre le virus, le pays s’inquiète d’une deuxième vague, plus sévère que la première.

Il existe un “danger fondamental” que les infections redémarrent “si l’ensemble des mesures restrictives sont supprimées de manière précoce”, avait averti la semaine dernière Lars Schaade, directeur adjoint du Robert Koch Institut, l’agence chargée du contrôle des maladies.

Le pays compte jusqu’à présent 155.193 cas officiellement déclarés de nouveau coronavirus et 5.750 décès, selon les dernières données de l’Institut.

Sur le quai de la gare à Berlin, André, un passager de 50 ans, a choisi de porter un foulard, qu’il enlève pour répondre aux questions de l’AFP.

“Avec le masque, je ne peux pas manger dans mon train. Je dois manger avant ou après”, regrette-t-il.

“C’est pas très important, mais personnellement ça me dérange”.

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