Virus: Trump assure que les Etats-Unis ont “surmonté” la crise

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Le président Donald Trump a assuré vendredi que les Etats-Unis avaient “largement surmonté” la crise, se basant sur les bons chiffres du chômage, même si la pandémie continue de faire près d’un millier de morts chaque jour dans le pays et poursuit sa progression galopante en Amérique latine.

Côté traitement, la polémique se poursuit sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine. Elle ne montre “pas d’effet bénéfique” pour les malades du Covid-19, selon les responsables de l’essai clinique britannique Recovery, qui ont annoncé dans un communiqué l’arrêt “immédiat” de l’inclusion de nouveaux patients pour ce traitement.

Recovery, premier essai clinique majeur à livrer des résultats très attendus, était l’un des seuls à n’avoir pas suspendu ses tests sur l’hydroxychloroquine après une étude controversée sur la revue The Lancet, retirée depuis, qui pointait du doigt l’inefficacité, voire l’effet néfaste, de la molécule.

“C’est décevant que ce traitement soit inefficace mais cela nous permet de nous concentrer sur les soins et la recherche sur des médicaments plus prometteurs”, a commenté Peter Horby, principal responsable de l’essai.

Commentant les chiffres du chômage aux Etats-Unis (13,3% en mai, alors que les analystes les plus pessimistes le voyaient frôler les 20%), Donal Trump a vanté la “force” de l’économie américaine.

“Cette force nous a permis de surmonter cette horrible pandémie, nous l’avons largement surmontée”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche. “Nous avons pris toutes les décisions qu’il fallait”, a-t-il encore assuré, alors que sa gestion de la crise sanitaire a été souvent critiquée.

– Versailles ouvert –

Même optimisme en France, où l’épidémie est “contrôlée”, ont affirmé vendredi les autorités scientifiques.

Lieu emblématique du pays et l’un des plus visités au monde, le château de Versailles, près de Paris, doit d’ailleurs rouvrir samedi – avec masque obligatoire et un nombre de visiteurs limité – après plus de 82 jours de confinement qui ont mis à mal son modèle économique, et sans les Américains et les Asiatiques qui formaient 30% de ses visiteurs.

En Europe, où les nouvelles hospitalisations sont en chute libre, la Banque centrale européenne a sorti jeudi les grands moyens pour lutter contre la récession et l’endettement public, en doublant presque son fonds de soutien à l’économie et en prolongeant sa durée, signe que les effets de la crise vont durer des années.

Et la reprise progressive de la circulation des personnes se poursuit à l’approche de la saison estivale: la République tchèque rouvre vendredi à midi (10H00 GMT) ses frontières avec l’Autriche et l’Allemagne, dix jours plus tôt que prévu. Les voyages vers la Hongrie seront également autorisés.

Les ministres européens de l’Intérieur sont convenus vendredi de se coordonner pour une réouverture progressive des frontières extérieures de l’UE européenne et de l’espace Schengen, qui n’est toutefois pas attendue avant le 1er juillet, même si la décision appartient à chaque Etat membre.

La Suisse a décidé vendredi de rouvrir dès le 15 juin ses frontières avec tous les pays de l’UE.

– L’oxygène, “ressource stratégique” –

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a annoncé vendredi “une accélération de la feuille de route” avec un assouplissement du confinement, notamment la réouverture dès lundi de tous les commerces hors centres commerciaux.

Mais en Amérique latine, nouvel épicentre de la pandémie, le Brésil, géant de 212 millions d’habitants, est devenu derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, le troisième pays le plus endeuillé. Plus de 34.000 personnes y sont mortes du coronavirus, avec un nouveau record journalier de décès (1.473), selon le ministère de la Santé. Et pour les spécialistes, les chiffres officiels sont largement sous-évalués.

La maladie continue sa propagation dans le reste de l’Amérique latine, mettant sous pression les systèmes de santé.

Face aux graves pénuries d’oxygène nécessaire pour maintenir en vie les patients, le Pérou, pays où la barre des 5.000 morts a été franchie, a déclaré jeudi qu’il était considéré comme une “ressource stratégique”.

“Les patients n’ont plus d’oxygène à l’intérieur (de l’hôpital), j’ai dû acheter deux ballons pour que mon père puisse y être transféré”, raconte Olga Bravo, 44 ans, à Lima.

La propagation du virus s’accélère aussi au Mexique, qui a franchi mercredi la barre des 1.000 morts en 24 heures pour la première fois. Le bilan total y dépasse les 11.000 décès.

A l’échelle mondiale, la pandémie a fait plus de 387.000 morts depuis que le virus est apparu fin décembre en Chine. Les Etats-Unis restent de loin le pays le plus touché (plus de 108.000 décès), suivis par le Royaume-Uni (39.904), le Brésil (34.021) et l’Italie (33.689).

burx-thm/glr

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