Zone interdite sur les prostituées mineures : Argent, disparition… L’envers du tournage

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Dimanche 27 septembre 2020, M6 diffusait un nouveau numéro de Zone interdite, présenté par la jeune maman Ophélie Meunier, sur le thème de la prostitution de mineures, et intitulé À 15 ans, ma fille se prostitue. La journaliste Clarisse Verrier, autrice du documentaire, a suivi Esther, Amandine, Camille ou encore Lilia dans leur quotidien peu banal. Pour 20 Minutes, elle raconte les coulisses d’un tournage compliqué.

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“Certaines ados ont demandé si c’était payé”

Pas facile d’approcher des jeunes filles mineures dans cette situation… “C’est le film le plus chronophage que j’ai jamais tourné. Il y en a que j’ai approchées via leurs mamans qui ont tiré la sonnette d’alarme auprès d’un député, d’autres via une application, d’autres par le bouche-à-oreille, en discutant. J’ai rencontré des personnes qui, finalement, ne voulaient plus apparaître dans le documentaire, même floutées“, se souvient Clarisse Verrier.

Et de déplorer que “certaines acceptent de parler, mais après, elles disparaissent de la circulation“. “Je me suis fait planter une bonne dizaine de fois. J’ai aussi attendu beaucoup, il fallait construire une relation de confiance. C’était un tournage où l’on ne pouvait pas organiser les séquences, mais in fine, il fallait qu’on construise le film, poursuit-elle. La difficulté était d’aller à la cueillette : parfois on y va et on revient sans rien. Certaines ados ont demandé si c’était payé. Il fallait expliquer, se mettre d’accord sur une démarche de témoignages, sans rien en retour.

“J’ai eu peur pour les filles et aussi pour moi”

Mais la journaliste n’était pas au bout de ses peines. Alors que le contact était difficile, Clarisse Verrier a finalement été appelée à l’aide, notamment par Amandine, et ce moment a fait l’objet d’images diffusées dans le reportage. “Elle m’appelle alors qu’elle est en fugue à Paris, elle me dit qu’elle n’avait pas d’argent pour rejoindre des amies gare Montparnasse. Là, je me suis dit qu’il fallait que je tourne. Je l’ai prise dans ma voiture. Je me suis posé la question de savoir si je n’étais pas en train d’accompagner cette fille pour faire un truc terrible“, raconte-t-elle.

Enfin, pour Télé Loisirs, Clarisse Verrier avoue avoir eu peur tout le long du tournage de ce numéro de Zone interdite. Et cette peur, elle concernait “tout le monde“. “Plus pour les filles, bien sûr, et un peu pour moi, concède-t-elle. C’est un sale milieu dans lequel il y a beaucoup de violence, ce ne sont pas des gentils. Il y a une prise de risque globale.” Un constat imagé à l’antenne de M6. En effet, la jeune Amandine témoignait le nez cassé…