L’intensification des combats dans le nord de la Birmanie entre la rébellion locale et l’armée a poussé ces dernières semaines des milliers de personnes à fuir dans l’urgence et avec souvent pour seuls véhicules des éléphants.

Les habitants d’Awng Lawt, village de 2.000 habitants en État Kachin ont été chassés de leurs foyers par l’escalade des combats entre l’Armée de l’indépendance du Kachin (KIA) et les soldats birmans.

Quand les combats se sont rapprochés, les villageois ont trouvé refuge dans leurs rizières en journée mais quand les obus sont tombés au milieu du village, le chef a décidé de son évacuation.

Mais fuir dans cette région reculée et montagneuse faite de jungles et de larges rivières, n’est pas simple pour des familles qui comptent vieillards et bébés.

“Nous avions des personnes âgées, malades et aveugles”, a expliqué à l’AFP un villageois qui précise qu’ils n’avaient plus assez de vivres. “Nous avons donc demandé l’aide aux cornacs pour transporter ces personnes à dos d’éléphants”, a-t-il ajouté.

Ce conflit en État Kachin, qui a repris en juin 2011 après plus de 17 ans de cessez-le-feu, est un défi pour Aung San Suu Kyi et son gouvernement, accaparé par la crise des Rohingyas. Cette minorité musulmane a dû se réfugier en masse vers le Bangladesh pour fuir une opération de l’armée birmane, accusée d’épuration ethnique.

Dans les États Kachin et Shan, plus de 100.000 personnes sont actuellement déplacées, selon les dernières statistiques de l’ONU.

Le contrôle des abondantes ressources minières est une importante source de tensions dans ces régions et la KIA tire une large part de ses revenus du jade.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi avait promis, en arrivant au pouvoir en avril 2016, de pacifier le pays théâtre, depuis son indépendance des Britanniques en 1948, de conflits armés entre le pouvoir central et plusieurs des nombreuses minorités ethniques.

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