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L’Europe sous tension en attendant la décision de Trump sur l’acier

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L’Europe sous tension en attendant la décision de Trump sur l’acier

La tension montait jeudi avant l’entrée en vigueur possible de sanctions américaines sur l’acier et l’aluminium importés, auxquelles les Européens ont promis de répliquer.

“Nos amis américains doivent savoir que s’ils prenaient des décisions agressives contre l’Europe, l’Europe ne resterait pas sans réaction”, a prévenu jeudi le ministre de l’Economie français, Bruno Le Maire, à l’issue d’un entretien à Paris avec le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross.

“Nous sommes déterminés, avec nos partenaires allemands, avec la commissaire (européenne) au Commerce Cécilia Malmström, à prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à d’éventuelles décisions américaines”, a-t-il poursuivi, sans plus de précisions.

“Nous n’avons aucun intérêt à ce qu’on revienne en arrière dans la politique commerciale. Pour être clair, le protectionnisme et l’enfermement face au libre-échange ne doivent pas reprendre le dessus”, a pour sa part déclaré le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas jeudi.

Le président américain Donald Trump va-t-il confirmer la mise en place de taxes douanières supplémentaires de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium européens? La menace, suspendue depuis mars, semble se préciser.

Selon le Wall Street Journal, l’administration américaine devrait entériner l’application de ces tarifs douaniers dès jeudi, 24 heures avant l’ultimatum fixé par Washington à ses partenaires européens pour la mise en place d’un accord.

Un accord de dernière minute est encore possible mais peu probable, ont précisé des sources proches du dossier au quotidien.

Les Européens, auxquels Washington a accordé une dispense temporaire censée expirer le 1er juin, n’ont cessé de réclamer une exemption permanente.

Mais l’administration américaine s’est montrée inflexible sur le sujet. Et estime même que si guerre commerciale ouverte il y a, la responsabilité sera à chercher du côté des Européens.

“S’il y a une escalade, ce sera parce que l’UE aura décidé de riposter”, estime M. Ross dans un entretien publié jeudi par le quotidien français Le Figaro.

– Nervosité au G7 –

Toutes les apparences donc d’un dialogue de sourds, qui pourrait se poursuivre lors de la réunion des ministres des Finances du G7 à partir de jeudi et jusqu’à samedi à Whistler, station de ski canadienne située au nord de Vancouver (ouest).

La nervosité est d’autant plus palpable côté européen que l’Italie, troisième pays de la zone euro, traverse une crise politique sans précédent, qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières transalpines.

La réunion du groupe des sept que forment l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, intervient dans un contexte “tendu”, concède une délégation.

Les Etats-Unis, qui reprochent aux 28 pays membres de l’UE de ne pas ouvrir suffisamment leur marché aux marchandises américaines, importent 51,3% d’aluminium et 35,8% d’acier à partir de leurs partenaires du G7, selon des données du département américain du commerce de 2017.

Face aux Américains, les Européens tâchent de rester unis, prônant le dialogue à plusieurs pays plutôt que les duels.

Au Canada, ils auront probablement le soutien du Japon, qui, lui, est déjà frappé par les tarifs sur l’acier et l’aluminium, promulgués début mars par le président américain au nom de la protection de la sécurité nationale.

Washington devra également répondre lors du G7 aux interrogations sur les fluctuations de sa politique commerciale vis-à-vis de la Chine. Après avoir annoncé le 19 mai avec Pékin une trêve dans leur guerre commerciale, l’administration Trump est repartie à l’offensive mardi.

La Maison Blanche a ainsi annoncé la poursuite de son plan pour imposer des droits de douanes supplémentaires de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles, et a dit préparer des mesures destinées à restreindre les investissements chinois aux Etats-Unis.

“La Chine ne souhaite pas une guerre commerciale mais n’a pas peur d’en mener une”, a prévenu la porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois Hua Chunying, dénonçant le “volte-face” de son partenaire américain.

Jeudi, Pékin a toutefois semblé donner des gages de bonne volonté, en annonçant une réduction — à partir de juillet — de ses droits de douane sur l’importation de vêtements, d’appareils électroménagers ou encore d’articles cosmétiques.

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