Papa d’un enfant handicapé décédé en 2012 : le drame du député Bruno Bonnell

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Sur France Inter ce 12 octobre 2021, le député Insoumis François Ruffin est venu défendre sa nouvelle réalisation, Debout les femmes ! Dans ce documentaire qu’il a coréalisé avec Gilles Perret, il a travaillé avec le député LREM du Rhône Bruno Bonnell. En effet, au coeur de ce film, se trouve un rapport sur les conditions de travail et le besoin d’un cadre et de reconnaissance des aidants et des métiers du “lien”. Pour le mener, Ruffin a dû collaborer avec un membre de la majorité à l’Assemblée. Pas ravis à l’origine de se retrouver ensemble, les deux hommes se découvrent rapidement des atomes crochus du point de vue humain et sur l’envie de montrer les femmes qui font ces métiers aussi essentiels que peu reconnus. “Vous allez extrêmement bien fonctionner ensemble“, explique Léa Salamé dans la matinale d’Inter, qui ajoute que Bruno Bonnell a confié à Ruffin qu’il a lui-même été touché personnellement par ce sujet, étant parent d’un enfant handicapé, décédé en 2012.

Dans les colonnes du magazine Entreprendre, on apprend que Bruno Bonnell, l’entrepreneur lyonnais à qui l’on doit l’émission de 2015 The Apprentice inspirée de celle de Trump, a vécu un drame : “Avec sa femme Chrystelle, Bruno Bonnell a eu 7 enfants. L’un deux, Balthazar, est décédé en 2012 d’une maladie génétique dégénérative et incurable. (…) Une épreuve que ce catholique pratiquant a su transformer en source d’inspiration : ‘La maladie de Balthazar m’a fait réaliser combien les robots peuvent s’avérer utiles pour les malades, les handicapés ou les personnes âgées. Au-delà, ils peuvent améliorer le quotidien de tout le monde’.”

Dans Libération, les mots de Bruno Bonnell pour son fils sont bouleversants : “Balthazar m’a fait comprendre le sens de la vie. Il tient en un mot : amour.” Le quotidien raconte les derniers jours de l’enfant : “A la fin, le petit garçon devra être assisté par des machines pour respirer, s’alimenter, survivre. Bruno Bonnell y voit quelque part un signe et rêve d’autant plus ‘d’un monde où les robots aideront les malades, les handicapés, les personnes âgées’. Le petit garçon est mort à 6 ans en novembre 2011. Son père aurait pu s’effondrer de douleur. Il s’est mis à marcher droit devant ‘pour ne pas tomber’ : tous les week-ends, trois heures de marche nordique.”

Avec François Ruffin, le courant est passé malgré leurs différends politiques. Ainsi, ils s’opposaient sur la question de l’allongement du congé de deuil en cas de perte d’un enfant en 2020, à l’Assemblée nationale. Bruno Bonnell avait pris la parole pour prendre la défense de ses collègues qui ont rejeté la proposition UDI-Agir visant à porter ce congé de cinq à douze jours, provoquant un immense tollé. Le Huffington Post avait rapporté son discours : “Nous parlons de la douleur absolue. Perdre un enfant, c’est perdre son avenir, sa projection personnelle dans l’éternité. On met du temps à l’accepter ! Pas cinq, pas douze jours, mais toute sa vie et puis on comprend que cette étoile filante personnelle, qui a traversé notre ciel, et bien, elle l’a enchanté. (…) Pour être un de ceux ayant vécu ce cas, je vous le dis, légiférer sur quelques jours n’est pas le sujet, c’est même incongru.”