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Rare procès pour corruption d’un sénateur américain

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Rare procès pour corruption d’un sénateur américain

Le procès pour corruption du sénateur démocrate américain Robert Menendez s’est ouvert mercredi près de New York. Il pourrait avoir des conséquences politiques importantes au niveau national, le sénateur risquant la prison.

Robert Menendez, sénateur du New Jersey de 63 ans, est accusé par les procureurs fédéraux d’avoir utilisé sa fonction pour défendre les intérêts d’un riche ami ophtalmologue et homme d’affaires de Floride, Salomon Melgen, en échange de cadeaux et de dons politiques.

Le parquet a retenu pas moins de 14 chefs d’accusation, pour une période allant de 2006 à 2013.

Robert Menendez a bénéficié de nombreux vols gratuits en jets privés, du prêt d’une villa en République dominicaine, de trois nuits dans l’hôtel de luxe Park Hyatt Paris-Vendôme, de repas, de parties de golf… et de plus de 750 000 dollars de dons de campagne.

En échange, affirme l’accusation, il aurait aidé Salomon Melgen dans l’attribution d’un contrat à sa société de contrôle des marchandises auprès des douanes de la République dominicaine, il serait intervenu pour que les petites amies brésilienne, dominicaine et ukrainienne du docteur obtiennent des visas américains, ou encore pour l’aider à régler un contentieux avec le ministère de la Santé américain.

Le procès visera à prouver que les coups de pouce du sénateur relèvent de la corruption, et non de la seule amitié entre les deux hommes.

«Je n’ai jamais déshonoré ma fonction», a déclaré le sénateur, ancien président de la commission des Affaires étrangères, en arrivant au tribunal fédéral de Newark mercredi. Le procès pourrait durer deux mois, selon Politico.

Si le sénateur Menendez était condamné, la pression politique serait immense pour qu’il démissionne. La dernière condamnation d’un sénateur en exercice pour corruption date de 1981, avec un autre démocrate du New Jersey, Harrison Williams; menacé d’expulsion par ses collègues, il avait fini par démissionner.

En cas de démission ou d’expulsion, il reviendra au gouverneur du New Jersey de nommer son remplaçant, le Congrès n’ayant pas de système de suppléant. Or l’actuel gouverneur, jusqu’en janvier, est Chris Christie, un républicain, qui nommerait donc vraisemblablement un républicain, faisant perdre aux démocrates un siège.

L’actuelle répartition du Sénat est de 52 républicains et 48 démocrates.

AFP

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