Royaume-Uni: après l’attaque de Reading, questions sur le profil du suspect

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Sous le choc après l’attaque au couteau qui a fait trois morts dans un parc de Reading, le Royaume-Uni s’interroge lundi sur le profil du suspect, qui selon la presse britannique s’était déjà trouvé dans le collimateur des services de renseignement.

Une minute de silence en hommage aux victimes, parmi lesquelles figure un Américain, a été observée à 10H00 locales (09H00 GMT) dans cette ville de 200.000 habitants située à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Londres et où s’est rendue la ministre de l’Intérieur, Priti Patel.

A leur Une, presque tous les quotidiens britanniques soulignent lundi que le suspect, présenté comme Khairi Saadallah, un réfugié libyen de 25 ans, avait été dans le radar du renseignement intérieur (MI5) en 2019 en raison de possibles velléités de se rendre à l’étranger à des fin terroristes, mais qu’aucun risque imminent n’avait été mis en évidence.

Selon l’agence Press Association, le jeune homme avait été emprisonné en octobre dernier pour des délits sans lien avec le terrorisme, dont l’agression raciste d’une policière en 2018 et dégradation volontaire. En mars, la cour d’appel avait réduit sa peine à environ 17 mois d’emprisonnement en raison notamment de problèmes de santé mentale, dont de syndrome post-traumatique. Il a été libéré début juin.

Le suspect, qui a été arrêté “cinq minutes” après le premier appel aux forces de l’ordre, a agi seul pour mener cette attaque considérée comme “terroriste”, selon la police, qui ne recherche personne d’autre.

“Il courait très vite”, a raconté un témoin, Sydney McDonald, un agent de sécurité de 65 ans, à l’agence PA. Quand les policiers l’ont maîtrisé, “il était ventre à terre et c’est comme s’il avait mis ses mains dans un grand seau de peinture rouge. Ils l’ont menotté, il n’a pas opposé de résistance”.

– Une victime américaine –

Ces derniers mois, deux attaques ont été menées à Londres par des assaillants qui avaient déjà été condamnés pour des délits terroristes.

Fin novembre, un jihadiste en liberté conditionnelle avait tué deux personnes en plein cœur de la capitale avant d’être abattu par la police sur le pont de London Bridge.

Le 2 février, trois personnes avaient été blessées au couteau lors d’une attaque “de nature islamiste” dans une rue commerçante, selon la police. L’assaillant avait également été tué par les forces de l’ordre.

Le gouvernement conservateur de Boris Johnson a depuis annoncé un projet de loi en vue d’aggraver les peines pour les auteurs d’actes terroristes, interdisant leur libération anticipée.

“Si des leçons doivent être tirées, si des politiques doivent être changées, si nous devons faire les choses différemment, c’est absolument ce que nous ferons”, a déclaré lundi sur la BBC le secrétaire d’Etat chargé de la Sécurité, James Brokenshire.

Il a précisé qu’au cours des trois dernières années, les services de sécurité avaient déjoué 25 attaques terroristes, soulignant que la menace s’étendait sur un large spectre allant de l’extrême-droite au jihadisme.

Mark Rowley, l’ancien chef de l’antiterrorisme de la police londonienne, a indiqué sur la BBC que si “environ 3.000 personnes font l’objet d’une enquête à un certain moment” pour la menace terroriste qu’elles représentent, “il y a 40.000 personnes (…) dont le nom a touché le système”.

Devant les grilles du parc où s’est déroulé le drame, lors d’une soirée ensoleillée samedi soir, des fleurs ont été déposées pour rendre hommage aux victimes.

L’une d’elles est un citoyen américain, a indiqué l’ambassadeur des Etats-Unis à Londres, Woody Johnson, qui a condamné “catégoriquement” l’attaque. Selon les médias américains, il s’agit de Joe Ritchie-Bennett, 39 ans, originaire de Philadelphie et installé depuis une quinzaine d’années au Royaume-Uni.

Figure aussi celui qui aurait été son ami, James Furlong, 36 ans, professeur d’histoire dans une école secondaire de la ville voisine de Wokingham.

Parmi les trois personnes blessées, deux étaient toujours hospitalisées lundi.

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