Syrie : la déclaration commune du sommet d’Istanbul est “pour un cessez-le-feu durable” à Idleb

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Les dirigeants de Turquie, Russie, France et d’Allemagne ont appelé samedi lors d’un sommet sur la Syrie à Istanbul à préserver le cessez-le-feu en vigueur dans la province d’Idleb, ainsi qu’à une “solution politique” du conflit en Syrie.

Réunis lors d’un sommet inédit à Istanbul sur la Syrie, samedi 27 octobre, Vladimir Poutine, Angela Merkel, Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron ont “insisté” à la sortie de leur réunion “sur l’importance d’un cessez-le-feu durable [dans la province rebelle d’Idleb] tout en soulignant la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme”.

Ils ont aussi salué “les progrès” accomplis à Idleb en ce qui concerne la mise en place d’une zone démilitarisée et le retrait des groupes radicaux de cette zone, aux termes d’un accord turco-russe conclu en septembre dernier.

Les quatres acteurs de cette réunion ont en outre dit leur détermination “à travailler ensemble pour créer les conditions propices à la paix et à la sécurité en Syrie” et à “soutenir une solution politique et renforcer le consensus international à cet égard”, selon une déclaration finale lue par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

“Conduire à des élections libres”

En cas d’élections, il appartient aux Syriens “de l’intérieur et de l’extérieur” de décider du sort d’Assad, a affirmé le président Recep Tayyip Erdogan. “Nous devons avancer dans le processus politique qui doit conduire à des élections libres, ouvertes à tous les Syriens, y compris ceux de la diaspora”, a renchéri la chancelière Angela Merkel.

Les quatre dirigeants ont aussi appelé à “l’établissement et à [une première] réunion à Genève avant la fin de l’année du Comité constitutionnel” censé élaborer une nouvelle loi fondamentale sous les auspices de l’ONU, “si les conditions le permettent”. La formation de ce Comité constitutionnel s’annonce comme l’un des principaux défis en raison du blocage du régime qui refuse que l’ONU désigne un tiers des 150 membres de cet organisme.

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Vladimir Poutine, Angela Merkel, Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron ont aussi souligné l’importance d'”assurer l’accès rapide, sûr et sans restrictions des organisations humanitaires à travers la Syrie”. Ils ont en outre appelé à créer les “conditions” permettant un retour “sûr et volontaire” des réfugiés et déplacés syriens.

Que la Russie “exerce une pression sur le régime” syrien

Emmanuel Macron a par ailleurs appelé la Russie à “exercer une pression très claire sur le régime syrien” pour garantir un “cessez-le-feu stable et durable à Idleb”. “Nous comptons sur la Russie pour exercer une pression très claire sur le régime, qui lui doit sa survie”, a-t-il déclaré.

Vladimir Poutine a cependant affirmé que Moscou se réservait “le droit d’aider le gouvernement syrien à éliminer toute menace terroriste à Idleb en cas d’attaques menées par les radicaux”.

L’accord conclu entre Moscou, allié du régime, et Ankara, parrain des rebelles, prévoyait notamment la mise en place d’une “zone démilitarisée” de 15 à 20 kilomètres de large pour séparer les territoires insurgés d’Idleb des régions gouvernementales.

“Coordination accrue entre les différentes initiatives internationales”

La Turquie et la Russie forment avec l’Iran un trio incontournable sur le terrain, où ces trois pays aux intérêts propres ont investi d’importantes ressources militaires.

La France et l’Allemagne font partie avec cinq autres pays, dont les États-Unis, du “small group” sur la Syrie qui travaille notamment à trouver une solution politique. Leurs efforts ont cependant été éclipsés par le processus dit d’Astana mené par Ankara, Moscou et Téhéran.

Le sommet d’Istanbul a souligné “l’importance d’une coordination accrue entre les différentes initiatives internationales visant à parvenir à une solution crédible et viable du conflit syrien”.

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Face à l’influence que Moscou obtient grâce à ses victoires militaires au bénéfice du régime, le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, a affirmé samedi que la Russie ne pourrait “pas remplacer les États-Unis” au Proche-Orient.

Le conflit en Syrie a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

Avec AFP

Première publication : 27/10/2018

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