Effervescence, tristesse et ovations pour l’adieu du Parlement européen aux Britanniques

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Des eurodéputés en larmes s’étreignent sur l’Hymne à la joie, Nigel Farage triomphe devant les caméras et Miss Belgique fait une apparition: journée intense mercredi au Parlement européen à l’heure du vote historique sur le Brexit, qui marque le départ des élus britanniques.

“It’s not goodbye, it’s au revoir”: le message s’affiche sur grand écran dans la salle où le groupe des sociaux-démocrates (S&D) a organisé une cérémonie d’adieu en l’honneur des députés du Labour.

A la tribune, la cheffe du groupe parlementaire, l’Espagnole Iratxe Garcia Perez, essuie quelques larmes. Le président du Parlement, David Sassoli, tente de la consoler.

Face à elle, les eurodéputés du Labour brandissent avec fierté des écharpes rouges et bleues, aux couleurs des drapeaux européen et britannique: “Unis dans la diversité”.

L’élu Rory Palmer en a eu l’idée. “Je me suis dit qu’une écharpe de football pouvait symboliser l’amitié toute particulière entre le Royaume-Uni et nos amis européens, qui va perdurer après cette semaine si triste”.

Certains pleurent, d’autres s’embrassent. Les “standing ovations” se succèdent. Tous veulent croire au retour, un jour, du Royaume-Uni.

– “Ca arrive enfin !” –

“Quand on verra que le Brexit ne fonctionne pas, il y aura peut-être une opportunité pour revenir”, espère Richard Corbett, chef de file des députés Labour, qui se souvient d’avoir été l’un des premiers stagiaires britanniques au Parlement.

Contraste frappant avec Nigel Farage, l’homme fort du Brexit, qui, lui, ne boude pas son plaisir: “Cela fait vingt ans que j’essaie de perdre mon boulot, ça arrive enfin!” s’amuse celui qui a été réélu à quatre reprises depuis son premier mandat d’eurodéputé en 1999.

Mercredi soir, à 20h00, il quittera Bruxelles en Eurostar, direction Londres.

Pour son ultime conférence de presse bruxelloise, il assure le show, tout sourire devant ses supporters, qui s’esclaffent à chaque bon mot.

“Voici l’homme du moment, Mr Brexit”, l’introduit son chargé de communication, qui demande à ce qu’il n’y ait dans la salle “ni applaudissements, ni sifflets”.

Farage, élu dans une institution qu’il rejette mais qui lui a offert sa notoriété, le reconnaît: il a aimé jouer le rôle du “méchant”. Et revendique la théâtralité de son personnage.

Il espère que le Royaume-Uni deviendra un concurrent pour l’UE, dont il souhaite la fin, et que le Brexit entraînera d’autres départs, citant la Pologne, le Danemark et l’Italie.

– “Grand drame” –

Drôle d’ambiance dans l’immense bâtiment du Parlement européen, plein à craquer en ce jour historique. Des dizaines de caméras, de l’Europe entière, assurent duplex et interviews.

Ici, l’Italien Antonio Tajani, l’ex-président de l’hémicycle. Là, l’Allemand Manfred Weber, éphémère candidat à la présidence de la Commission européenne, en grande conversation avec le Polonais Donald Tusk, ancien chef du Conseil européen.

“Tout le monde regrette profondément le Brexit et ça se ressent dans les couloirs du Parlement”, souligne l’eurodéputé luxembourgeois Christophe Hansen (PPE).

“J’ai vécu beaucoup de discours (d’adieu), qui nous mettent presque les larmes aux yeux. Ce sont des collègues qui croient en l’UE. On sent que pour eux, c’est vraiment un grand drame”, ajoute-t-il.

Au milieu de cette effervescence, Miss Belgique 2020 fait une apparition aussi lunaire que remarquée, à l’invitation d’une élue belge qui veut lui expliquer le rôle des institutions européennes.

Pas grand monde, en revanche, à l’extérieur, sinon un couple de touristes qui observe l’Union Jack flotter pour encore quelques heures, aux côtés des autres drapeaux de l’UE.

Ils veulent prendre une photo “tant qu’il est là, parce que c’est très triste”.

L’homme prend un air affligé pour une première photo. Vient un deuxième flash: pouces en l’air, il arbore cette fois un large sourire.

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